Aujourd’hui: « Le petit bleu de la côte ouest » de Jean Patrick Manchette (1976)
Georges Gerfaut, cadre, porte secours à un homme blessé par balles par deux tueurs. Ces derniers ne tardent pas à tenter de tuer Gerfaut, lequel quitte tout dans une fuite en avant qui le ramènera à sa vie de français moyen.
« Le petit bleu de la cote ouest » , huitième roman de Jean Patrick Manchette, porte un certain nombre de thèmes très prisés durant les années 70. Notamment celui du citoyen ordinaire confronté à la violence, mâtiné de retour à la terre (Le héros dans sa fuite échoue à la campagne). ‘Délivrance », « Chiens de paille », « La traque », ou encore « Un justicier dans la ville » tant au cinéma qu’en littérature l’ont abordé en lui donnant différentes orientations. Tantôt en s’axant sur la vengeance et l’autodéfense, la lutte pour la survie ou le retour aux instincts vitaux face au danger. En creux, il y a dans tout cela une critique de l’homme moderne ramolli par le confort et de l’insécurité grandissante lors de la période post-68.
En cela, oui, ce livre de Jean Patrick Manchette est de son époque, mais il est d’abord de son auteur. Le lecteur y trouvera l’ironie propre à l’écrivain, des personnages extravagants ainsi bien entendu qu’une réflexion sociale et psychologique. Car, si Gerfaut, lutte pour sa vie, il voit peut-être dans cette aventure cauchemardesque l’occasion d’échapper à sa routine d’individu socialement intégré.
En tout cas, la question se pose!

Ce roman fut adapté à l’écran en 1980 par Jacques Deray avec Alain Delon dans le rôle principal. Hélas, le film est débarrassé de ce tout ce qui faisait le sel du livre. Delon rattrapera le coup l’année suivante en adaptant « Que d’os » de Manchette l’année d’après sous le titre « Pour la peau d’un flic »

