Aujourd’hui: « Le boucher » de Alina Reyes (1987)
La relation sexuelle entre une jeune caissière et on employeur, un boucher avec lequel elle partage la même fascination pour la viande.
Publié en 1987, « Le boucher » révéla Alina Reyes qui commençait par là même une belle carrière littéraire et, fit, mine de rien, l’effet d’une petite bombe. Cru sans jamais être vulgaire, l’auteur donne à son héroine/narratrice un ton presque anodin pour évoquer sa vie intime. Cela n’aurait à vrai dire guère d’intérêt si Reyes n’ajoutait à l’équation la chair dans tout les sens du terme. Elle renvoie dos à dos le plaisir de la chair – le sexe – et celui de la chair – la nourriture-. Et plus précisément la viande que de par son métier le boucher manipule.
L’idée n’était déjà pas nouvelle, la littérature mais aussi le cinéma s’en était servi, notamment le très étonnant « Carne » de Armando Bo avec sa scène d’amour entre des quartiers de viande. Toutefois, il n’est pas interdit de reprendre des figures préexistantes. A condition d’y apporter un peu de soi. Alina Reyes s’en tire ici mieux que bien par sa sobriété et, plus encore, son naturel. Sans jamais chercher à scandaliser ou à revendiquer, l’auteur emmène le lecteur au coeur des plaisirs de ses personnages (Voire les siens, qui sait?) et brosse un portrait attachant de la sexualité féminine.
A lire? Absolument!

