Aujourd’hui: Johnny Kidd and the pirates.
Né Frederick Heath dans le nord de Londres. Adolescent, il renverait dan je ne sais plus quel parc les chaises longues ou se reposaient les soldats américains avec leurs conquêtes d’un jour, ce qui ne l’empêcha pa plus tard de se pasionner pour les rythmes venus de l’autre côté de l’Atlantique, mais on y reviendra. Jeune adulte, il vécut de petits boulots et était si pauvre qu’il se peignait les pieds pour cacher les trous dans ses chaussettes. Puis, il fut saisi par le démon de la musique (ça y est, on y vient!). Heureusement. Entouré d’un groupe nommé les Pirates par leur maison de disque, il devint Johnny Kidd en hommage au célèbre capitaine. Lui et ses matelots auraient pu n’être qu’un gadget de studio. Il n’en fut rien. Car en plus d’être un excellent chanteur, Johnny Kidd savait trousser une chanson et donna au Rock anglais encore balbutiant son premier vrai classique « Shakin’ all over » en en 1960, lequel suivait « Please don’t touch », paru l’année précédente. Guitare saturée de réverbération, paroles au caractère érotique à peine voilé, rythme lancinant. Une bombe, et ce quatre ans avant les Rolling stones. Le titre ne rompait pas avec l’influence américaine mais possédait un cachet spécifique à l’île des angles qui allait ouvrir une porte dans laquelle beaucoup s’engouffrerait. Freakbeat, Hard Rock, Glam Rock, Pub Rock et même Punk. Lee Brilleaux et Wilko Johnson de Doctor Feelgood allaient revendiquer l’influence de l’homme au cache-oeil, les Who avaient « Shakin’ all over » dans leur répertoire de scène.
Outre la musique, le capitaine eut aussi une influence sur le look de certains. Les accoutrements de sa bande (Imposés par la maison de disques, mais quand même) donnèrent sûrement des idées à Bowie et à Adam Ant, grands déguisés devant l’éternel. Il ne faut pas oublier le décor dans lequel se produisait le groupe, le faux galion qui allait si bien avec leurs tenues. Ce sens de la mise en scène n’échappa sûrement pas aux tenants du Rock progressif. Aussi, quand le Rock se réveilla au milieu des années 70 avec comme fer de lance le Pub Rock, il était presque logique que certains trouvèrent une inspiration chez ces (déjà) glorieux ancêtres.
Johnny Kidd mourut dans un accident de voiture en 1966, dans l’indifférence. Mais son héritage lui survécut. Pour le bonheur de beaucoup et notamment de sa descendance qui touche encore aujourd’hui chaque mois un chèque de royalties.





