Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma français.

Aujourd’hui: « Le grand blond avec une chaussure noire » de Yves Robert (1972)

Un violoniste gaffeur se retrouve à son insu utilisé par un chef des services secrets qui, pour contrer un concurrent, le fait passer pour un agent. La maladresse du musicien et le concours d’une fort accorte espionne vont contrecarrer ces plans.

Ah la musique enjouée de Vladimir Cosma, la robe de Mireille Darc, les contorsions de Pierre Richard, Blier, Rochefort, la tripotée de seconds rôles géniaux (Jean Saudray, Robert Castel, Jean Carmet et bien d’autres!) le générique de Gérard Majax (Qui a droit à une apparition, eh oui, y’a un truc!) et bien sûr le script à la fois délirant et très précis de Francis Veber servi par la mise en scène de Yves Robert. Une réussite et dans son genre, un chef d’oeuvre! « Le grand blond avec une chaussure noire » fait partie de ces rares comédies à demeurer désopilantes après mille et une rediffusions. Mais ça, tout le monde le sait.

Suite à l’article sur l’espionnite dans le cinéma américain, il m’a semblé bon d’ajouter une chronique sur la comédie susmentionnée en cela qu’elle aborde ce thème. Mais sous un angle totalement différent, celui du rire et de la légèreté. Le comique consiste ici à opposer des professionnels du renseignement à un artiste fantasque. Ce dernier par son extravagance met à mal ces hommes habitués à la violence et à une certaine rigueur – et ce bien que ces « pros » soient eux aussi à leur manière assez étranges et, en un sens, enfantins avec les croche-pieds qu’ils ne cessent de projeter. Dans ce paradoxe, c’est l’élément féminin qui va contribuer à rééquilibrer – et à sauver le personnage joué par Pierre Richard- en dévoilant la supercherie dont l’homme qu’elle est chargée de surveiller est la victime. Pour la petite histoire, la robe portée par Mireille Darc devenue désormais iconique avait été conçue pour mettre en valeur les fesses de l’actrice, cette dernière étant plus callipyge que mammaire (Pas comme Noel, donc, Noel Mammaire) Plus sérieusement, dans le cadre du thème du viol des vies privées, le film a l’originalité de focaliser sur un individu qui ignore tout de la situation et provoque donc les réactions comiques de ceux qui l’espionnent, convaincus d’avoir affaire à l’un des leurs.

Mais comme toujours, il y a un peu de sérieux dans l’humour. D’ou la citation du code pénal avant le générique de fin « Chacun a droit au respect de la vie privée »

Une dernière chose avant de finir. « Le grand blond… » fit l’objet d’un reake américain en 1985 avec Tom Hanks « L’homme à la chaussure rouge/The man with one red shoe » de Stan Dragoti. A éviter? Si quelqu’un l’a vu, je serais heureux d’avoir son avis!

A bientôt!


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