Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers-Le cinéma américain- Edition spéciale.

Aujourd’hui: Quand la techno débloque: gadget et indiscrétion dans le cinéma américain des années 70. Deuxième partie.

« Converation secrète/The conversation » de Francis Ford Coppola (1973)

Harry Caul, professionnel de la surveillance surprend lors d’une mission l’échange inquiet entre un homme et une femme qui semblent craindre pour leur vie. Affolé, Caul se met en tête de les sauver. Il entre alors dan un engrenage d’erreurs et de violence.

« Le gang Anderson » effleurait le sujet de la déshumanisation due à une technologie envahissante.  » Conversation secrète » s’y plonge jusqu’aux oreilles (C’est bien le cas de le dire, puisqu’il est beaucoup question d’écoute ici) et s’attaque également à un corollaire de ce thème: la solitude. L’isolement en milieu urbain, tout comme la violence politique ou non, fut au centre de nombreux films de cette période « Taxi driver », « Le flingueur » et d’autres. (Sans compter la chanson « Les villes de solitude » de Michel Sardou, ou encore « Fingerprint file » des Rolling stones qui aurait pu être la bnde son du film de Coppola) Mais là, elle et caractérisée par le gadgets qui emplissent l’existence de Caul, le pivot de l’histoire, au point de tout remplacer. Caul n’a ni famille, ni amis et ne souhaite pas en avoir (Il va jusqu’à refuser les voeux d’anniversaire de sa concierge) Il serait inexact de dire qu’il n’a que son travail: il EST son travail. Un instrument parmi tout ceux qu’il manipule à longueur de journée. Toutefois, l’incident qui le met en éveil le ramène à son humanité: pour le pire. Car, pour doué qu’il soit derrière ses manettes, Caul paraît par ailleurs perdu, ainsi que le montre la scène du congrès de la surveillance ou il se force à jouer la sociabilité avec ses homologues. Et, plus grave, s’il entend tout, il comprend peu, ainsi que le prouve sa réaction à la fameuse « conversation » du titre. Au lieu d’analyser, il réagit, croyant sauver les des victimes potentielles alors qu’il s’agit de conspirateurs. Aussi « Conversation secrète » à ce titre ne traite pas de l’irruption de la technologie dans la société mais de l’humanité dans une société asservie par la technique. Esclave du progrès? Il semblerait bien. De ce point de vue, « The conversation » est le parfait contraire du « Gang Anderson » qui montre à casse échouer en raison d’une surveillance intempestive. Toutefois, quels que soient les termes de l’équation, le résultat demeure le même: le désastre, la destruction, symbolisée par celle que Caul inflige à son appartement à la fin du récit.

A bientôt!


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