Aujourd’hui: « Tuez Charley Varrick/ Charley Varrick » de Don Siegel (1973)
Charley Varrick (C’est logique vu le titre!) est un braqueur qui a pour couverture une entreprise de pulvérisation aérienne (En gros, il pulvérise depuis un avion de l’insecticide sur les champs de céréales, blé ou mais) Un jour avec ces acolytes, il s’en prend à une modeste banque de province. Outre que le hold up tourne mal, laissant quelques malheureux sur le carreau, l’argent volé appartient à la Mafia. Cette dernière ne va pas tarder à réagir en voyant aux trousses de Varrick un récupérateur de dette brutal et sans scrupules, Sally.
« Et ‘il n’en reste qu’un… » Le vers de Victor Hugo (Repris par ailleurs par Eddy Mitchell) pourrait s’appliquer à ce Néo-noir cuvée 70s qui narre la lutte d’un voleur vieille école qui fait la nique aux flics et au syndicat du crime tout à la fois. Sorti la même année que « Echec à l’organisation » de John Flynn qui abordait le même thème du petit David qui abat un Goliath devenu obèse à force d’institutionalisation. En effet; loin du portrait presque romantique de la Mafia donnée par Coppola dans son chef d’oeuvre « Le parrain’, Cosa Nostra ici fait figure de multinationale sclérosée quoi qu’encore capable de grandes nuisances comme s’en rendra compte un des associé de Charley. Mais Charley résiste et gagne, refusant la soumission à l’ordre établi, qu’il émane de la société…ou de la pègre. Ce n’est pas pour rien qu’il a pour slogan dans activité d’exterminateur d’insectes à grande échelle « The last of the independants » Slogan qu’il applique à la lettre dans ses actes illégaux, ne montrant d’ailleurs guère plus de scrupules que ses ennemis, n’hésitant pas à sacrifier une de ses comparses. En cela, le fiilm invite presque à laisser toute espérance à l’entrée de la salle. Et pourtant, on est pris par ce personnage en raison de son individualisme forcené qui préfigurerait presque le libertarisme vanté par Javier Milei ou…Clint Eastwood. Pour l’anecdote, c’était ce dernier qui avait été envisagé pour le rôle qu’il déclina. On retrouve d’ailleurs plusieurs acteurs présents dans « L’inspecteur Harry » du même Don Siegel, John Vernon et Andy Robinson (Scorpio!) Il faut saluer également la performance de Joe Don Baker, parfait en tueur de la Mafia au look de cow boy chic. Enfin, il convient de ne pas oublier l’interprète du rôle titre, Walter Matthau, qui use avec brio de son mélange de brutalité et d’ironie coutumier. Un ton idéal pour cet homme seul implacable, amoral mai tenant à sa liberté plus que tout, en dépit de la guerre faite aux vrais individualistes. Une espèce déjà rare à l’époque de la sortie du film, en voie de disparition de nos jours. Et s’il n’en reste qu’un…





