Aujourd’hui: « La planète des singes » de Pierre Boulle (1963)

Un groupe d’hommes voyageant à bord d’un vaisseau spatial échoue sur une planète ressemblant à s’y méprendre à la Terre découvre que sur cette dernière les singes dominent les hommes.
Certains livres reposent sur un paradoxe. C’est le cas de « La planète des singes » classique de la science fiction dont l’auteur, Pierre Boulle, détestait le genre. Et ce n’est pas le seul que présente ce roman oeuvre d’un écrivain généraliste qui toucha à un domaine « Histoire de.. » (Du moins est-il permis de le supposer) et fit mieux que certains spécialistes.
Fable sur la place de l’homme au sein de la nature et les hiérarchies qui semblent aller d’elles-même, « La planète des singes » n’inaugura pas cependant la présence des singes dans science fiction. Il y avait eu en 1941 « Le règne du gorille/ Genus homo » de L. Sprague de Camp et P. Schuyler Miller ou c’étaient non des astronautes mais les passagers d’un autocar qui se retrouvaient sur une Terre dominée par des primates. Toutefois, et c’est bien là l’idée géniale de Boulle, les hommes avaient disparu chez Sprague de Camp alors qu’ils étaient asservis chez Boulle.
Cela changeait tout. Il est également à noter que la structure du livre n’est pas non plus sans intérêt. Le roman se présente en effet en forme de message désespéré envoyé telle une bouteille à la mer par le narrateur, un certain Ulysse Mérou, et lu par les passagers d’un vaisseau spatial. Qui sont-ils? C’est l’une des grandes questions posée par l’auteur et dont la réponse donnée à la fin clôt le raisonnement développé au cours du récit. A titre personnel, cela glaça le jeune lecteur que j’étais quand je découvris cette oeuvre à douze ans.
