Aujourd’hui: « Exhibition » de Jean François Davy (1975)
Documentaire qui suit l’actrice X Claudine Beccarie dans son quotidien entre tournages et intimité.
Sorti en 1975, « Exhibition » fit sensation. Abordant frontalement un thème controversé pour le moins: le cinéma porno fraîchement autorisé par le père Giscard. Jean François Davy, son réalisateur, eut l’intelligence de traiter son sujet de l’intérieur en se livrant à ce long entretien avec Claudine Beccarie. En dépit de cette audace, le film ne dit que peu de choses sur l’aspect sociétal de la chose – Si l’on excepte la séquence assez drôle il est vrai montrant Beccarie s’entretenir avec les clients d’un cinéma projetant ses films. Il est surtout un portrait de femme ayant rompu avec un milieu familial puritain pour vivre de diverses façons de son corps. Un parcours individuel accidenté, douloureux donc, intéressant en un sens mais qui finalement ne fait guère avancer le Schmilblick. Vu d’aujourd’hui cependant, le film exhale un parfum de nostalgie. Celle de l’amour libre post-hippie – notamment quand l’actrice e laisse aller à des ébats avec sa partenaire face caméra- loin du sexe industriel consommé à grandes rasades de nos jours sur internet. Mais , et c’est l’autre problème soulevé par « Exhibition, ce cinéma de la chair qui semble détendu pour le public contemporain est malgré tout à la source de ce qui envahit désormais nos écrans.
Loin de moi l’idée de tenir un discours pudibond – ce n’est pas mon genre, vous le savez grâce à mes photos olé olé- mais il s’agit d’une vérité. Toutefois, on peut mettre à la décharge de ce petit monde qu’il ne pouvait prévoir le numérique.
Allez, ne soyons pas trop tristes et consolons nous devant ces images venues d’un temps de douces illusions!

Claudine Beccarie entre son fiancé (à gauche) et Jean François Davy (à droite)

Claudine Beccarie et sa mère. Des jumelles?


