Aujourd’hui: Soldat Albert Roche.
Il était nul à l’instruction, causant le désespoir de ses supérieurs. Mais ce qui s’appelle nul. Le pompon, ce fut lorsqu’il manqua à l’appel un beau matin. Tout portait à croire que le gonze avait déserté. Sauf que, sauf que…il n’en n’était rien. Le dénommé Albert Roche avait rejoint le front à pieds. Il parvint jusqu’à une tranchée française dont les occupants étaient tous morts…mais le matériel intact. Dont la mitrailleuse. Avec ses munitions. Alors, le nullos, le pauvre bitos, disposa les corps de manière à les faire passer pour vivants puis se servit de leurs armes, dissimulé par leurs cadavres. Ce fut ainsi que Roche persuada ceux d’en face qu’ils n’étaient pas venu à bout de leurs adversaires. Et, partant, les amena à se rendre.
A lui seul, ce gazier dont personne n’attendait rien, avait défait un régiment. Et ce fut le début d’une série d’exploits qui garnirent la poitrine de Roche d’une batterie de décorations digne de la rue de Rivoli avant l’élection de la mère Hidalgo. Hélas, Roche connut une fin ridicule, suite à une chute dans l le métro. Cela ne ternit cependant pas la légende de celui que certains surnommèrent plus tard le « Captain America français », voire le « Capitaine France », ce qui a de quoi énerver, Roche prouvant que nous avions des héros bien à nous. Quoiqu’il en soit, Albert Roche laisse derrière lui une légende qui n’a en rien été enjolivée et prouve que les guerres réservent bien des surprises. Des hommes qui paraissent solides s’écroulent moralement quand d’autres qui « ne paient pas de mine » se révèlent.

