Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Littérature américaine

Aujourd’hui: « Les nus et les morts/The naked and the dead » de Norman Mailer (1948)

L’arrivée puis les combats d’un régiment américain sur un atoll pendant la Guerre du Pacifique.

Premier roman d’une des plumes majeures américaines du XXème siècle, roman de guerre inspiré par l’expérience personnelle, livre cru et violent dont la force reste intacte en dépit des années, « Les nus et les morts » est un classique au sens le plus noble du terme. Il garde sa portée quant au regard qu’il porte sur un conflit et les effets qu’il produit sur les hommes qui y participent.

Mais « Les nus et les morts » n’est pas que cela. L’auteur s’attache à décrire le vécu de ses personnages avant la guerre et, ce faisant, dresse un portrait de son pays à travers celui de ces combattants qui peuplent son livre. Chacun d’eux représente une composante de son pays, par son origine ethnique autant que géographique et sociale: Goldstein, le juif de New York, Wilson, le sudiste, Croft, le brutal sergent sudiste ou encore le général Cummings, produit de la grande bourgeoisie américaine.

A ce titre, l’endroit d’ou ils viennent et leur psychologie profonde déterminent leurs réactions face aux divers événements, insolites ou/et forcément violents auxquels ils sont confrontés. Ainsi les névroses du général éclatent-elles sous le poids de ses responsabilités, ainsi Croft s’adoucit-il suite à la terrible brutalité de la bataille, ainsi le lieutenant apprécie-t-il de jouer un rôle d’homme d’action.

Il y a par là même une étude assez fine de la masculinité, excessive pour Croft, contrariée chez Cummings à l’homosexualité latente. Une masculinité qui serait jugé toxique selon les canons contemporains mais qui, en dépit des excès qu’elle pouvait générer, incitait les hommes à se tenir droit. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Mailer fut considéré comme le macho des lettres américaines.

Un classique, oui, en cela qu’il reflète une réalité de son temps, celle de la guerre. A ranger auprès « Ceux de 14 » de Maurice Genevoix, « Les croix de bois » de Roland Dorgelès ou « Le feu » de Henri Barbusse, autres portraits de groupes d’hommes menacés de devenir de la chair à canon. Quant ils n’y sont pas condamnés….


Laisser un commentaire