Aujourd’hui: « A couteau tiré/Copkiller/ Corrupt/The order of death » de Roberto Faenza (1983)
Un policier new-yorkais corrompu est suivi par un étrange jeune homme qu’il décide de séquestrer. Parallèlement, un assassin revêtu d’un uniforme de policier et d’une cagoule s’en prend à des représentants de l’ordre.
Voila un film bien singulier. Ne serait-ce que par sa distribution pour le moins internationale: Harvey Keitel, Nicole Garcia et l’ex chanteur des Sex pistols en personne John Lydon alias Johnny Rotten. A cela s’ajoute un réalisateur italien peu connu pour un film de nationalité italienne tourné à New York. Et puis, et surtout, il y a le sujet: jeu du chat et de la souris ou se mêlent séquestration, corruption policière et secrets de famille.
A priori, autant d’éléments disparates ainsi mélangés semblent une mixture improbable et probablement indigeste. En fait, il n’en n’est rien. Original et riche en rebondissements jusqu’à une conclusion inattendue, « Copkiller » est un OVNI au meilleur sens du terme puisqu’il surprend et sort franchement du lot du cinéma italien d’alors perdu dans les imitations de succès du moment (Mad Max, Conan etc). Le metteur en scène tire par ailleurs très bien parti de ses interprètes, dont les origines diverses renforcent le cachet très particulier du métrage. Le charisme de Harvey Keitel (Qui semble répéter son rôle du « Bad lieutenant » qu’il jouera quelques années plus tard) , l’intelligence et la sensibilité de Nicole Garcia, le métier de Leonard Mann, enfin John Lydon qui se révèle un excellent comédien et donne à regretter qu’il n’ait pas poursuivi dans cette voie. Il se met parfaitement dans la peau de ce personnage d’héritier énigmatique à la fois pervers et candide…ou pas!
« Copkiller » ne manque donc pas de qualités. Il a cependant aussi ses défauts. Une mise en scène un peu trop fonctionnelle et parfois, hélas maladroite lors de certaines d’action. Mais le plus grave reste le manque de sens esthétique qui nuisent au film qui aurait mérité plus d’audace. Il est d’ailleurs intéressant de savoir que John Lydon se rendait compte des limites du metteur en scène, allant jusqu’à le tancer sur le plateau.
En dépit de ses faiblesses, un très bon film qui mérite largement une redécouverte!




