Aujourd’hui: « La Camorra/ La saison à Baia » de Hugues Rebell (1900)
Intrigues amoureuses et politiques ou se mêlent sensualité et violence dans la Naples de la fin du XIXème siècle.

Le goût des écrivains français pour les pays méditerranéens fut l’un des héritages les plus durable des romantiques. Si ces derniers avaient un sens très particulier de la géographie – Ils confondaient l’Orient et l’Espagne- ils surent insuffler un puissant et durable intérêt pour le Sud du monde. Mérimée traita de la Corse et l’Espagne, Flaubert y alla de son voyage en Orient, sans oublier Maupassant qui non seulement fit un tour dans le Maghreb mais se fendit d’un quasi-pastiche de Mérimée avec « Une vendetta ».
Cette passion trouva sa place à la fin du XIXème siècle au sein de la mode pour l’exotisme au sens le plus large puisqu’il s’étendait de l’Orient à l’Asie en passant par la Bretagne et le pays Basque. Pierre Loti fut un des spécialistes du genre. Le cas de Hugues Rebell fut sensiblement différent. Moins éparpillé, il se concentra surtout sur l’Italie qui servit de décor à nombre de ses romans dont le plus fameux « La Nichina » et de façon plus brève dans un passage de « La câlineuse ». Dans « La Camorra » c’est à nouveau le cas et comme dans « La Nichina » le livre est centré sur une ville et une époque. Mais la Venise de la Renaissance fait place à la Naples contemporaine- enfin contemporaine de Hugues Rebell.
Mais outre ce qu’il faut bien appeler une mode, il semble que la fascination de Rebell pour l’Italie était motivée par le goût du sang. C’est particulièrement vrai dans « La Camorra » ou éclatent presque à chaque page les moeurs de ce « Mezzogiorno » brutales jusqu’au meurtre. Cela permet à l’auteur de se poser une fois de plus les questions qui lui tiennent le plus à coeur sur le prix de la vie et…le droit de tuer.
Une oeuvre sèche et sensuelle, brutale et élégante, toute en contrastes. A lire!
