Aujourd’hui: « Le démon dans l’île » de Francis Leroi (1982)
Gabrielle Martin, médecin emménage sur une île de la Manche afin d’oublier un drame personnel. Elle fait face à un collègue installé depuis longtemps le docteur Marshall. Ce dernier n’exerce semble-t-il plus depuis longtemps et se tient à l’écart de la population. Par ailleurs, des objets qui ont en commun d’être vendus au supermarché local paraissent animés d’une vie propre et agressent les habitants.
Sorti en janvier 1983 et couronné du prix du suspens à Avoriaz, « Le démon dans l’île » appartient aux rares tentatives de fantastique français. Et une des plus remarquables, ne serait-ce que parce que le film ne passa pas à la trappe, bénéficiant non seulement d’une bonne publicité et d’un réel intérêt de la critique et du public. Il faut dire que l’opus de Francis Leroi le méritait. L’ambiance bien posée, le script simple mais efficace et des effets spéciaux réussis, « Le démon dans l’île » bénéficiait de plus d’un atout. Mais le point fort demeure ses personnages et leurs interprètes: deux êtres à la fois opposés et semblables. Opposés car Martin incarne la lumière et Marshall une menace qui bien que réelle demeure imprécise jusqu’au dénouement du récit. Semblables car ils exercent chacun le métier de médecin et portent la même blessure profonde.
Ne cédant jamais aux effet faciles sans négliger le spectacle, « Le démon dans l’île » prouve qu’il est possible en France de produire un cinéma fantastique de qualité propre à notre culture. L’ennui est qu’il ne fit pas école, renvoyant Francis Leroi ua monde du X et Annie Duperey aux réclames pour Marcelle Griffon (« Impeccable! ») avant qu’elle ne sombre dans les affres pécuniairement profitables mais d’une niaiserie désolante de « Une famille formidable »


