Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma américain- Edition spéciale.

« The Killing/L’ultime razzia » de Stanley Kubrick (1956)

Johnny Clay (Sterling Hayden), truand fraîchement libéré monte un nouveau coup qui porte sur la caisse d’un champ courses hippiques. Hélas pour lui, ses complices, gens par ailleurs honnêtes, ne sont pas des plus fiables.

Voila donc pour conclure ce sujet ce film de Stanley Kubrick qui, bien que dans le thème, se distingue des deux précédents pour deux raisons. D’abord parce que s’il traite bien de violence, il ne s’agit pas de la même. Pas de celle acceptée par la société comme celle du sport dans « Plus dure sera la chute » ou la guerre comme dans « Attaque ». Non, là, il est question de violence de droit commun puisque on est dans un film de casse. Ensuite, parce que contrairement aux deux autres, « L’ultime razzia » n’est pas l’oeuvre d’un réalisateur débutant. Avec « L’ultime razzia », Kubrick en est certes à son troisième opus…mais seulement à premier projet professionnel. Après l’amateur « Fear and desire » (Dont Kubrick traqua chaque copie tant il en souhaitait la disparition) et le semi-professionnel « Le baiser du tueur », « L’ultime razzia » le plonge dans le bain et s’apparente à une de ces Série B que les studios confiaient aux jeunes réalisateurs afin que ceux-ci fassent leurs preuves. Tout y est à la vérité: film de genre (Un Noir en l’espèce) petit budget et seconds rôles que l’on nommerait en France des « Emplois » et aux Etats-unis des « Character actors ». En l’occurrence des gueules: Jay C. Flippen, Elisha Cook, Tim Carey et Marie Windsor (Spécialiste des rôles de femmes de caractère, c’est à dire insupportables) Et en maître de cérémonie, un pilier du genre: Sterling Hayden qui reprend un rôle de braqueur proche de celui qu’il tenait dans « Quand la ville dort » mais avec du galon cette fois, puisqu’il est l’instigateur du coup. Le petit gars des prairies a grandi…

Il est vrai que « Lultime razzia » en raison de son thème et de son acteur principal partage des similitudes avec le film de Huston. Auxquelles on pourrait ajouter l’échec du casse. Mais les ressemblances s’arrêtent là. Car les causes ne sont pas les mêmes. Chez Huston, elles étaient caractérisées par les faiblesses des protagonistes: sottise, obsession sexuelle ou sentimentalisme. Il en va autrement chez Kubrick et ce bien que ces casseurs pour la plupart néophytes soient eux aussi affligés. En particulier le personnage de Elisha Cook, malheureux qui trime pour sa femme plus jeune que lui (Marie Windsor, tiens, tiens!) et qui plus est infidèle. Sans parler du tireur d’élite joué par Tim Carey au racisme pathologique. Non, tout capote mais pas à cause des erreurs de ces égarés qui ne détruisent qu’eux-mêmes. Non. C’est la fatalité qui est la cause de tout. Elle a même son messager, un ancien catcheur et nouveau joueur d’échecs (C’est bienvenu, vu le contexte!) joué par Kola Kwariani (Sportif géorgien dont ce fut la seule apparition à l’écran et qui était vraiment catcheur et joueur d’échecs) ami de Johnny Clay qui prévient celui-ci du danger qui guette les hommes qui font profession de truand. Il va jusqu’à le comparer à un artiste qui devrait se retirer au bon moment. Ce que ne fait évidemment pas Johnny dont le casse échouera pour une bêtise. Autrement dit la fatalité. Dont il est permis de se demander si les hommes ne la choisissent pas.

Cela pourrait s’appliquer aux trois films chroniqués ici. Trois films centré sur la violence et, en creux, la fatalité qui semble la provoquer.

A bientôt!

Colee Gray et Sterling Hayden

Vince Edwards

Marie Windsor

Jay C. Flippen

Kola Kwariani

Le masque de clown de Sterling Hayden, comme un avant-goût de celui de Malcolm Mac Dowell dans « Orange mécanique »?

Elisha Cook

Tim Carey et Sterling Hayden


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