Alexandre Léger auteur rétro

Le cinéma américain- Edition spéciale.

Evocations de l’année 1956. Entre braquages, champs de batailles et modernes arènes.

L’année 1956 fut riche aux Etats unis notamment en films coup de poing, en films « choc » comme dirait un publicitaire en manque d’inspiration. Abordant des thèmes en rapport avec diverses formes de violence. Criminelle pour « L’ultime razzia ». Guerrière dans « Attaque ». Sportive dans « Plus dure sera la chute » Si la manière de traiter ces sujets paraîtra datée aux djeuns, elle n’en demeure pas moins efficace, en dépit du poids du temps.

Sans plus tarder, commençons par le sport et ses méandres les plus glauques, pas n’importe lequel: la boxe. Avec « Plus dure sera la chute » de Mark Robson.

« Plus dure sera la chute/The harder they fall » de Mark Robsn (1956)

Journaliste sportif au chômage, Eddie Willis accepte participer à une escroquerie consistant à faire passer un boxeur incapable en champion. La recette fonctionne de coups publicitaires en combats truqués. Jusqu’au moment de vérité qui verra la chute de son « protégé »

La course à la gloire et à la fortune, au risque d’y laisser des plumes, voire son âme. Un thème récurrent dans la littérature et le cinéma américain, traité ici avec efficacité et finalement beaucoup de finesse et cela en grnade partie en raison du parcours de son personnage principal, Willis. Refusant depuis toujours la compromission, il finit par l’accepter suivant le principe selon lequel nécessité fait loi. Dit plus crûment, il faut remplir les assiettes et payer les factures. Aussi se prête-t-il à cette mascarade consistant à faire passer pour un prodige un « homme sans qualités » (Merci Robert Musil) « Une mâchoire de verre, un punch de fillette, tu l’aplatirais! » Déclare sans ambages Willis à son amie. Malgré cette lucidité doublée d’une sincère compassion, Willis mentira. Il ne retrouvera sont intégrité que lorsqu’il sera trop tard en écrivant un article dénonçant les pratiques crapuleuses du monde de la boxe.

Extrêmement bien rythmé, en partie lors des scènes de combat de surcroît marquées du sceau de l’authenticité (Le livre de Budd Schullberg à la source du scénario s’inspirait de l’histoire vraie de Primo Carnera, Hercule de foire monté en épingle par des promoteurs sans scrupules) très bien servi par ses interprètes, a commencer par Bogart – dont c’était le dernier rôle- qui traduit les nuances d’un personnage déchiré entre ses convictions et la nécessité. Les autres ne déméritent pas non plus. Rod Steiger en entrepreneur exubérant et sans scrupules. Jan Sterling, seul élément féminin notable et conscience de Willis. Mike Lane (Doublé en français par Jean Amadou, pour l’anecdote) d’une candeur émouvante en Toro Moreno vrai faux champion et dindon de cette triste farce. Sans compter les seconds rôles, Jersey Joe Walcott et Nehemiah Persoff.

Une fable terrible mais pas sans morale. Ni sans espoir. Un film excellent sinon grand!


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