Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Soldats improbables.

Aujourd’hui: Helmut Von Panwitz.

Né en Silésie, terre des allemands située en Pologne, il s’engagea très jeune dans l’armée de Prusse lors de la Première guerre mondiale. Il mit après l’Armistice sa carrière militaire entre parenthèses, exerçant la profession de régisseur à la frontièe de l’Ukraine. Puis il revint en Allemagne à la fin de la république de Weimar. Il adhéra au parti nazi, avant de revenir au métier des armes. Un parcours classique qui n’aurait rien pour retenir l’attention si la Première guerre n’avait été suivie d’une seconde. Laquelle permit à Panwitz de se distinguer en enrôlant dans la Wehrmacht des cosaques. Contre l’idéologie du père Adolf tenant les slaves pour » des chiens indignes du plus humble des travailleurs allemands’ Mais ça chauffait pour les tudesques, le sang coulait, les hommes tombaient, il en fallait d’autres pour les remplacer. En pareil cas, on devient moins regardant et on prend tout le monde – ou presque- Enfin, quiconque susceptible de se servir d’un fusil. D’ou le cosmopolitisme des armées du IIIème Reich lors des dernières années du conflit, suscitant les commentaires goguenards de certains, notamment Alphonse Boudard.

Si les troupes étrangères au service de l’Allemagne furent diversement valeureuses, les gardes frontières autrefois alliés à la monarchie russe ne déméritèrent pas. Combattant les Titistes, partisans communistes, en Yougoslavie, les américains en Normandie aux côtés d’autres russes (Ceux de la R.O.A, ou Armée Vlassov, cela fera bientôt l’objet d’un article) présents semble-t-il en Bourgogne et un peu en Bretagne.

Panwitz se montra à la hauteur de ses recrues, les défendant contre Hitler en personne et contre les officiers trop sourcilleux. « Pendant la journée, ça va encore, la troupe manoeuvre assez bien. Mais la nuit ,c’est le campement de Wallenstein! Ils se saoulent, font des exercices de djigitovka (1)fument leurs journaux d’instruction et leur livret militaire! » Dit un jour à Panwitz l’un de ses officiers. A quoi Panwitz répondit « Ce sont des cosaques, voila tout! »

Dans les temps précédant la défaite, les unités cosaques commandées par Panwitz tombèrent sous le contrôle de la SS qui les réorganisa en une seule formation le XVème corps de cavalerie cosaque. Puis ce fut l’effondrement. Si quelques hommes purent s’échapper tel le général Kononov, beaucoup finirent dans les geôles de Staline. Ou pendus. Comme Panwitz qui partagea le sort de ses officiers en 1947.


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