Retour sur le Néo-Noir. La mort du privé, suite.
« La valse des truands/Marlowe » de Paul Bogart.
Marlowe, détective privé , enquête sur la disparition du frère de sa cliente, il découvrira des choses sans intérêts, visitera une go go danseuse et recevra celle de Bruce Lee qui détruira son bureau, montrant un insupportable mépris pour les ébénistes et les femmes de ménage.
A mon résumé désinvolte, vous aurez compris que je n’aime guère ce film. Mou du genou, joué moyennement, qui tente de compenser son manque d’action par un humour qui ne fait que rarement mouche. Pourtant, « La valse des truands’ (Mon Dieu, ce titre français, pendaison pour le distributeur!) n’est pas sans intérêt. Non en raison de ses qualités propres mais en cela qu’il annonce une ère nouvelle. Transposant l’univers de Chandler des années 40 aux Sixties finissantes et utilisant pour le rôle du détective un James Garner égal à lui-même – plein d’une nonchalance teintée d’humour mou-, le film prépare en fait le passage du privé à la télévision – qu’il investit déjà avec « Peter Gunn » et « Manni, et plus spécifiquement assure la gloire future de James Garner dans ce qui fut son plus grand succès à la TV « The Rock Ford files/ 200 dollars plus les frais » .
De manière plus large, il annonce des changements dans le cinéma international en révélant un certain Bruce Lee en tueur insupportable d’arrogance (Il a toujours été insupportable d’arrogance) qui finit victime de sa fatuité en tombant de haut dans tout les sens du terme. ll s’écrase en effet depuis le toit d’un immeuble. Ce fut ce rôle peu gratifiant qui l’aurait incité à retourner au pays. Ce qu’il n’eut pas à regretter, ce retour lui permettant de devenir la star que l’on sait et ainsi ouvrir les portes au cinéma du Tiers-Monde.

En guise de conclusion, là ou « Syndicat du meurtre » fermait le ban, « La valse des truands » ouvrait sa résurrection télévisuelle, en même temps qu’il portait des changements dépassant le cadre strict du Néo-Noir.


