Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma français- Edition spéciale.

Jean Pierre Marielle ou les crises de l’homme mûr, deuxième partie.

« Un moment d’égarement »

Deux amis d’enfance inséparables, Pierre et Jacques partent ensemble en vacances comme ils le font chaque année, à cette différence près qu’ils emmènent cette fois leurs filles avec eux. Une nuit, Pierre et la fille de Jacques ont une aventure sur une plage. Ce que Pierre nomme « Un moment d’égarement » va rapidement menacer son amitié avec Jacques.

Il est mûr et une fille à peine post-pubère (Un pubère day to you!) s’entiche de lui, ce qui ne serait pas si grave si la donzelle n’était la fille de son meilleur ami. L’amour qui s’éveille chez l’une, l’amour qui renaît chez l’autre, l’amour qui agit sur l’amitié comme une boule dans un jeu de quilles. Et achève l’histoire sur une note amère.

« Un moment d’égarement » traite sans jamais s’égarer (Elle est bonne celle-là!) de plusieurs thèmes passionnants car ils nous concernent tous et montre ainsi comment le meilleur peut provoquer le pire. Jean Pierre Marielle apporte la délicatesse nécessaire à ce personnage empêtré et attachant. Le Pierre de « Un moment d’égarement » est le monsieur tendre de sa filmographie, et donc d’autant plus vulnérable. Il faut avant de finir saluer les autres interprètes, à commencer par Victor Lanoux, également très émouvant, Christine Dejoux (Future Francine de « La soupe aux choux »! Elle donne depuis, parallèlement à une carrière surtout scénique, des cours de théâtre en prison) Agnès Soral, toute en candide impudeur, et Martine Sarcey, pétillante en maîtresse d’un soir de Victor Lanoux. Enfin, le terme doux-amer s’applique fort bien au film. Amer parce qu’il narre tout de même la fin d’une amitié qui semblait inoxydable. Doux de cette douceur de vivre d’une France en vacances qui paraît disparue à jamais….Allez, peut-être reviendra-t-elle si on y met du notre.

Un post scriptum à l’attention de la chanson d’Alain Souchon qui illustre le générique de début « Y’a de la Rumba dans l’air », portrait d’un vieux playboy errant dans le souvenir de sa gloire passée. Je me demande si c’était bien approprié…sans vouloir dire de mal!


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