Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma français- Edition spéciale.

Jean Pierre Marielle et les crises de l’homme mûr. « Les galettes de Pont-Aven » de Joel Séria (1975) et « Un moment d’égarement » de Claude Berri (1977)

Sans contestation possible, Jean Pierre Marielle fut une figure du cinéma français. Et comme tout acteur qui atteint cette dimension, il avait son personnage. Oui, au singulier car ses rôles malgré leur diversité ont tous en commun de représenter quelque chose de notre caractère à nous les français. Bien souvent, il jouait des hommes ordinaires de condition et d’âge moyens tentant de lutter contre un sort médiocre. Avec plus ou moins de succès, certes. Mais cette détermination donnait une certaine dignité à ce que d’aucuns appelleraient des « Beaufs »

A mon sens, deux films illustrent fort bien cette thématique: « Les galettes de Pont-Aven » et « Un moment d’égarement ». Deux histoires d’hommes au milieu de leur vie que les circonstances vont amener à tout remettre en question.

« Les galettes de Pont-Aven »

‘Viens laver ton Jésus! »

Coincé entre son métier qui l’ennuie et sa famille qu’il ne supporte plus, un représentant en parapluies décide de tout plaquer pour vivre sa passion de la peinture. Aussi prend-il la route de Pont-Aven, en hommage à la célèbre école de peintres. Cela sera le point de départ de nombreuses aventures, pas toujours heureuses…

Un VRP en goguette qui fuit la médiocrité, se rêve artiste et se réveille raté. Cela ne l’empêche pas de se balader de plumard en plumard. Il faut bien qu’il y ait des compensations. D’une cliente aux formes généreuses (Délicieuse Andréa Ferréol, comme toujours) à une prostituée en costume Bigouden en passant par une québécoise volage? Oui, il fallait bien cela pour survivre à un passage à tabac sur fond de « Kung Fu fighting » à des cuites dantesques et à un constat d’échec.

« Les galettes de Pont Aven » reflète bien un esprit du temps, celui des années 70, ou tout semblait possible, y compris de quitter une vie à priori établie. Comme celle que le héros du film fuit pour finalement sombrer dans un autre genre de médiocrité. Toutefois, le réalisateur se montre généreux en offrant le réconfort à ce monsieur Henri, si malmené au cours de ce récit. Jean-Pierre Marielle était l’acteur rêvé pour endosser ce personnage un peu paumé, issu d’une éducation traditionnelle qui cède aux tentations de l’époque, art et libération des moeurs quitte à y laisser des plumes. Dans la galerie de français moyens qui parsèment la carrière du grand comédien, monsieur Henri n’est pas seulement le plus lubrique car avec ses aspirations à la Gauguin (C’est vrai que ça baise là-dedans!) il est également le plus rêveur.

A suivre!


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