Aujourd’hui: « La course à la mort de l’an 2000/ Les seigneurs de la route (Death race 2000) de Paul Bartel (1975)
En l’an 2000, les Etats unis sont devenus une tyrannie et s’appellent désormais les Provinces unies d’Amérique. Et surtout, la distraction nationale est une course automobile ou il faut certes arriver le premier mai aussi écraser le plus de passants possible. Avec des points de bonus s’il s’agit de vieillards et d’enfants. Le pilote le plus populaire est surnommé Frankenstein (En raison de ses nombreuses cicatrices récoltées au cours de la compétition) et il remet une fois encore son titre en jeu. Cependant, des contestataires projettent en attentat pendant l’épreuve en vue d’une prise de pouvoir.
La dystopie, sous-genre de la science-fiction dépeignant des lendemains qui déchantent, fut très pratiquée lors des années 70, tant en littérature qu’au cinéma. « Soleil vert », « Silent running », « THX 1138 », « Le survivant » et bien d’autres nous promettaient l’apocalypse écologique, la tyrranie, la mutation monstrueuse, voire le cannibalisme à l’échelle mondiale. Entre autres joyeusetés. Si « La course à la mort de l’an 2000 » appartient bien à cette lignée, il se distingue des titres précités par le traitement humoristique de son sujet: le sport utilisé comme moyen de contrôle des masses. Autrement dit: « Du pain et des jeux de cirque » selon la formule héritée des romains. Il serait toutefois inexact de considérer comme une dictature le régime de « La course…. » ce mot étant détourné de son sens depuis longtemps. Du temps de la Rome antique, un dictateur était désigné pour remplacer le gouvernant en place dès lors que ce dernier sortait des clous. Il n’occupait la place que durant cinq ans. Ce n’était donc pas un tyran, lequel abusait du pouvoir. Fin du quart d’heure culturel.
Reprenons. Une tyrannie, donc qui manipule le sport à des fins de divertissement mais aussi pour flatter les bas instincts de sa population en incitant celle-ci à se débarrasser de ses vieillards et à se réjouir de la mort et de la souffrance d’autrui. Ce n’est pas pour rien que le plus populaire des coureurs est celui qui arbore des cicatrices comme autant de trophées, le fameux Frankenstein. On en vient à la parodie du mauvais goût que d’aucuns prêtent aux américains et à l’excès ainsi que le démontent les bolides et les noms de guerre baroques des participants. « La mitraillette » (Sylvester Stallone alors inconnu) « Calamity Jane » sans compter les émules du IIIème Reich etc. Il y a des « Dieux du stade » ou du « Triomphe de la volonté » là-dedans, revu et corrigé par un organisateur de courses de stock-cars mâtiné de Comte Zaroff. Mais si Paul Bartel n’est tendre ni avec les acteurs ni avec le public de cette manifestation (Les supporters affichant les couleurs de leurs coureurs favoris qui évoquent des gangs de rue) il n’épargne guère plus les contestataires de ce curieux ordre établi, laissant entendre qu’ils ne feront guère mieux que ceux qu’ils veulent renverser.
Et par là-même, il adresse une pique aux spectateurs du film, à qui la violence ne déplaît pas tant que ça…
En bref, une comédie grinçante et drôle, bourrée d’idées et d’énergie. A voir absolument!






