Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma américain.

Aujourd’hui: « Ces garçons qui venaient du Brésil/The boys from Brazil » de Franklin J. Schaffner (1978)

Ezra Liebermann, ancien déporté et chasseur de nazis traque le docteur Mengele qui mettrait sur pied un complot visant à ressusciter le IIIè Reich.

Comme pour faire suite à « La grande menace » que j’ai chroniqué la semaine dernière, voici un autre thriller teinté de fantastique, inspiré d’une oeuvre littéraire (En l’occurrence, un roman d’Ira Levin, par ailleurs auteur du célébrissime « Rosemary’s baby » adapté par qui vous savez) pourvu d’une distribution de prestige et sorti à la fin des années 70. Le film partage avec celui de Jack Gold d’avoir été produit par Sir Lew Grade. Mais en l’espèce, ainsi que l’annonce le chapeau de la présente chronique, il s’agit là d’un film américain.

Comme vous le savez, car vous avez lu le résumé, on est en plein complot fomenté par des nazis survivants (Non, tous ne se prélassent pas sous un chapeau de paille comme dans la chanson de Gainsbourg, mais si vous savez « SS in Uruguay ») que tente d’éventer et de stopper un vieil homme qui doit d’abord se débrouiller avec sa bonne volonté et son courage – et ce en dépit de l’aide partielle des services secrets israeliens. Face à lui, un autre vieil homme, celui-là même à l’origine du complot, qui est en quelque sorte son double négatif. Il est intéressant de voir à ce propos le réalisme avec le quel les deux ennemis sont dépeints. Liebermann qui peine parfois à payer son loyer et Mengele qui se rend compte qu’il n’a pas les coudées aussi franches qu’il le croit. Ils partagent par ailleurs de poursuivre sans relâche leur but avec un acharnement d’autant plus féroce qu’ils savent que le temps leur est compté. Les acteurs, bien que fort critiqués, se montrent à la hauteur de leur rôle, en particulier Gregory Peck qui sort de sa sobriété coutumière pour livrer un numéro de cabotinage qui, s’il est par définition excessif, convient à son personnage mégalomane. De surcroît, « Ces garçons qui venaient du Brésil » est un des rares films à montrer deux hommes à l’âge de la retraite en train de se battre.Ce qui vaudra à Liebermann un séjour à l’hôpital (Quand je vous disais que l’hôpital était une constante du cinéma d’épouvante des années 70!)

Voila, voila, mais quid du récit en lui-même? Il n’est pas facile d’écrire une chronique sur un film reposant sur le mystère et donc sur le plaisir de la découverte. Il ne faut en dire ni trop ni trop peu. Et dans ce cas précis, c’est là que les choses se gâtent. En dépit des qualités évoquées plus haut, « Ces garçons qui venaient du Brésil » souffrent de plusieurs faiblesses. D’abord, une exposition beaucoup trop longue lors de la première partie. Ensuite, des scènes d’action ou l’on sent le manque de budget et/ou d’implication- un comble pour Schaffner dont les scènes de combat dans « Patton » restent encore dans les mémoires.

Deux défauts qui nuisent au suspense et limite l’ampleur qu’offrait le sujet -eh bien oui, le clonage. Bien avant sa sainteté Rael. Heureusement, tout s’arrange pendant la deuxième partie et ce jusqu’au final ou le réalisateur se paie le luxe d’une note vraiment inquiétante – et surprenante.

En conclusion, un film pas tout à fait abouti mais qui finit par se sauver à mi-parcours. A voir? Malgré ses défauts, oui!


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