Aujourd’hui, il ne sera pas question d’un artiste en particulier mais de plusieurs. Ces derniers ont en commun d’avoir assuré la transition entre deux époques. Non pas tant entre deux décennies qu’entre deux époques. Le Rock’n’Roll n’est pas mort en 1960, contrairement à ce que certains affirment péremptoirement. D’ailleurs le Rock’nRoll conçu dans les Fifties n’est pas mort pour ce qui me concerne. Parenthèse fermée. Donc, avant d’aller plus loin, il convient de définir cette période. Par un repère temporel. 1958/1962. 1958/1962. Le service militaire d’Elvis. Les morts de Buddy, Richie, Big bopper et Eddie. Little Richard dans les ordres et Chuck Berry en prison. L’arrivée des soporifiques Bobbies. Bref, tout cela sent la fin d’u monde. Et pourtant…et pourtant. Au milieu de l’eau de rose et de la tragédie, il se passe quelque chose que peu d’historiens évoquent. Des musiciens mélangent à ce moment expérimentation et durcissement. Beaucoup font de l’instrumental, préfigurant le règne tardif des « Guitar heroes ». Link Wray qui avec « Rumble » pourra se vanter d’être l’auteur du seul morceau instrumental interdit pour « incitation à l’émeute » Duane Eddy, champion du son « Twangy » qui sublimera le titre génial d’Henry Mancini « Peter Gunn » (Ou quand le Rock rencontre le Polar) D’autres beaucoup plus obscurs s’engouffrèrent dans cette brèche, tel le canadien Ray Ethier avec son « Slave girl » qui donne à regretter que son auteur n’ait pas continué. Et le phénomène s’étendit au reste du monde et forcément au Royaume uni avec les très étonnants Frogmen (Qui n’eurent malheureusement pas la bonne idée de se déguiser en hommes grenouilles, mais passons)
Mais si cette portion d’espace-temps fit la part belle aux guitaristes muets, des vocalistes y trouvèrent également leur place. Ronnie Dawson qui sorti sous le nom de Commonwealth Jones des chansons à la longueur inhabituelle pour la période tel l’excellent « Do do do ». Il y eut aussi les excités et éphémères « Ralph Nielsen and the chancellors » dont le titre « Scream » se passe de commentaires.
Que retenir de tout cela? Que les années 1958/1962 furent un chaudron bouillonnant sur le plan artistique. Mais qui devait aboutir à quelque chose de nouveau. Forcément. (Comme aurait dit la mère Duras) Des artistes incarnèrent parfaitement cette transition, les Fabulous Wailers, que j’ai déjà évoqué dans ces pages, qui passèrent du Frat-Rock au Garage. Mais aussi et peut être plus encore, Paul Revere and the raiders. Bien avant la gloire en costumes de la Révolution américaine, le groupe de Mark Lindsay entra dans la danse avec l’instrumental « Orbit ».
Un pas avant la célébrité. Une manière de préparer le terrain pour le Garage Rock, dont ils comptèrent parmi les précurseurs et, en un sens, les représentants. Mais ça c’est une autre histoire! 1958/1962!












