Aujourd’hui: Le traître, l’artiste, le communiste. Edgar Puaud, Pierre Boyer de La tour du moulin, Ernest Petit.
La guerre a ses horreurs. ses drames. Mais aussi ses hasards. Peut-être plus qu’en n’importe quelles autres circonstances, ces hasards font pleuvoir la célébrité sur certains, révélant leur courage, leur cruauté et, parfois, leur étrangeté. Les armées n’ont certes pas la réputation d’abriter des excentriques. C’est pourtant le cas quelques fois. Les trois officiers présentés dans ce dossier en sont chacun à leur manière des exemples parlants.
Commandant Edgar Puaud.
Ses collègues disaient de lui qu’il était brave. Parce qu’il avait du courage. Parce qu’il était un brin simplet. Sous-lieutenant pendant la guerre de 14, il intégra la Légion ou il devint commandant, servant au Maroc puis en Syrie. Un parcours classique. Jusqu’en août 1940. Alors qu’il commandait le camp de la Légion étrangère de Stepfonds, il facilita la démobilisation des EVDG (Engagés volontaires pour la durée de la guerre) du 23ème régiment de marche de la Légion étrangère composé de juifs étrangers, les sauvant ainsi de l’internement et très certainement de la mort. Décision prise en dépit de Vichy.
C’est là qu’il est permis de s’étonner de la suite de l’histoire. Après avoir sauvé des juifs, Puaud s’engagea dans la LVF, ou Légion des volontaires français contre le Bolchevisme, unité de la Wehrmacht crée sous l’influence de Marcel Déat qui fut envoyée combattre en Union soviétique. Beaucoup des hommes de la Légion moururent lors de combats particulièrement brutaux et leurs performances furent qualifiées de « lamentables » par les officiers allemands. Cependant, devant la marée rouge qui allait submerger l’Allemagne, toutes les bonnes volontés étaient les bienvenues. Et surtout elles n’étaient pas de trop. Ce fut une des raisons pour lesquelles une unité française de la Waffen SS fut mise sur pied, récupérant les restes de la LVF, la brigade Frankreich qui donna rapidement naissance à la division Charlemagne. Commandée par Edgar Puaud, nommé Oberfuhrer pour l’occasion, curieux grade à mi-chemin entre colonel et général. Il disparut en 1945 en Poméranie. Oui, seulement disparu, pas officiellement mort. Certains l’auraient vu en uniforme de l’Armée Rouge quelque part en RDA. Pourquoi pas?


