Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers-Le cinéma français. Edition spéciale.

Coup de chapeau aux nanars, suite.

« Cherchez l’erreur » de Serge Korber (1980)

Un savant atomiste largué par son amie et subissant les pressions de son patron trouve du réconfort dans la personne d’un chien cancéreux.

Oui, vous avez bien lu. Je ne reviens pas sur ce qu’on appelle de nos jours le « pitch » parfaitement ridicule et oeuvre de Roland Magdane. Il était d’ailleurs auteur du script de ce monument post-moderne destiné à en faire une vedette de l’écran suite à sa réussite scénique. Hélas, le principe du « On n’est jamais si bien servi que par soi-même » ne s’appliqua pas ici, ne donnant qu’un grand vide sans drôlerie ni histoire ni personnages (Alors là, ça fait beaucoup, là!) Le comique absurde et enfantin de Magdane efficace ne passe pas le cap de la pellicule, au point que le chien (Un basset hound, sosie de celui de Columbo, à croire que la race est cinégénique) est plus amusant que l’acteur. Reste Henri Virlogeux dans le rôle du patron du nucléaire, terrifié à l’idée d’être muté en Bretagne (Il est vrai qu’on était à l’époque de la crise de Plogoff dont les habitants refusaient l’installation d’une centrale dans leur coin) ce qui nous vaut une publicité clandestine pour les « Déménageurs bretons ». Toujours à l’actif d Virlogeux, il faut signaler la seule réplique franchement bidonnante du film: »Violer une mineur passe encore, mais arrêtez avec vos histoires de trous d’air » A ce propos, je tiens à remercier Freddy K, rédacteur du site « Sens critique » qui partage mon avis à ce sujet.

Pas la peine d’en dire plus sur le film lui-même.

Suite à un retour de lucidité, Madgane s’employa à effacer toutes trace de cette erreur puis évita les caméras jusqu’au début des années 90. Il retenta une carrière d’acteur par la petite porte à la télévision dans un épisode de « Navarro » ou il incarnait de manière convaincante un salaud élégant. Cela lui permit de décrocher de nouveaux rôles. Pour le meilleur (Les enfants du marais) et pour le pire dans de médiocres séries bien pensantes.

En guise de conclusion, vous avez vu deux exemples de ratages qui ont de nombreux points communs qui pourraient se résumer en quelques mots: le syndrome Pierre Richard. Avec leurs héros lunaires, « Les aventures de Guidon futé » et « Cherchez l’erreur » courent après « Le distrait » sans le rattraper, leurs créateurs n’ayant pas compris qu’il faut trouver son propre pas plutôt que de se régler sur celui d’un autre. En particulier quand celui-ci ne peut faire école. Au moins leurs frères en comédies lamentables avaient-ils quelque chose qui leur appartenait en propre. C’est d’autant plus triste dans le cas de Srge Korber qui avait bien commencé et sut donner un nouveau souffle à De Funès avec « Sur un arbre perché » et « L’homme orchestre ». Ce qui s’appelle « Grandeur et décadence »!


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