Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Le cinéma français.

Aujourd’hui: « Les diaboliques » de Henri Georges Clouzot (1955)

Michel Delasalle dirige un pensionnat de garçons en province qui est en fait la propriété de sa femme Christina, également professeur dans l’institution. Delasalle entretient relation houleuse avec cette dernière qui en souffre. Il a par ailleurs une liaison avec une autre enseignante Hélène Horner. Malré ou à cause de leurs rivalité, les deux femmes s’accordent pour mettre sur pied l’assassinat de celui qu’elles considèrent comme leur bourreau.

« Les diaboliques » ou l’homonymie comme moteur de la création. Inspiré du roman homonyme de Boileau et Narcejac (Duo très aimé du grand écran, voir par ailleurs « Sueurs froides) également homonyme du magnifique recueil de Barbey D’Aurevilly – dont une citation apparaît avant le générique d’ouverture. Outre ce nom omniprésent, le film et les deux livres partagent le thème de la femme à la fois victime et tortionnaire, telle l’héroine de la nouvelle du livre du grand Barbey « La vengeance d’une femme ». Mais attention, on reste ici dans un suspense de l’après-guerre finissante, situé dans un environnement provincial, banal…et d’autant plus propice à l’étrange. Oui, l’étrange car « Les diaboliques » tire l’intrigue criminelle vers le territoire du fantastique sans vraiment y entrer. Pour preuve, les touches de mystère qui s’accumulent au fil du récit pour aboutir au climax final d’une horreur et d’un insolite inédit pour l »époque. Clouzot s’offrait là un moment de délire que la conclusion rationnelle de l’intrigue effacera. Contredite par une ouverture vers le surnaturel audacieuse dans sa discrétion même.

Il est indispensable de parler des acteurs. Confirmés comme Paul Meurisse (Parfait en ordure élégante) Simone Signoret (La duplicité même) et Vera Clouzot, victime ambigue (Dont la relation avec son mari, Clouzot n’était pas si éloignée de celle de son personnage avec Paul Meurisse. A noter pour la petite histoire que la plus grande difficulté pour elle fut de contrôler son accent sud-américain à couper au couteau paraît-il) Et puis il y a ceux qui attendent leur heure, Michel Serrault en surveillant et un jeune Johnny Hallyday qui aurait pu faire une carrière sur grand écran, mais que le destin plaça sur la scène ou il devait briller de milles feux.

Un jeune Jean Philippe Smet comme à l’affût derrière Simone Signoret.

Enfin, il faut parler de l’impact du fil qui conut un immense succès critique en France et au-delà des frontières, notamment aux Etats-unis, mais aussi en Italie ou il fut le ferment du Giallo qui devait éclore une quinzaie d’annèes plus tard. Preuve de la pérennité de son influence, il eut droit à un remake réputé raté en 1996 avec Sharon Stone et Isabelle Adjani. Un classique hors du temps à voir et à revoir!


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