Aujourd’hui: « L’ombre du grand mur » de Léo Malet (1944)
Crawford, chirurgien new yorkais injustement condamné retrouve la liberté. Seul et désargenté, il est contraint pour subsister de se mettre au service d’un truand. De fil en aiguille, il trouvera le moyen de se venger. Ce qui le ramènera en prison.

« L’ombre du grand mur » appartient à ce que l’on pourrait appeler le Léo Malet première période. Celle des pseudonymes américains, de son premier détective privé Johnny Metal, des romans de cape et d’épée alimentaires. Il fallait bien vivre avant que la lumière fut, autrement Nestor Burma. Mais au milieu de cette production pléthorique et diversement intéressante, il y a quelques textes qui se distinguent par leur qualité démontrant déjà un sens très sûr de l’intrigue et surtout la vraie personnalité de l’auteur, en dépit des camouflages plus ou moins imposés. C’est le cas de « L’ombre du grand mur » à la fois émouvant et d’une grande noirceur qui le rapproche des oeuvres les plus sombres de Malet, la fameuse trilogie noire entamée par « La vie est dégueulasse ». Le grand mur du titre borne la vie du héros puisqu’il l’histoire s’ouvre et ferme sur lui, image de la fatalité. Certes, cela se passe aux Etats unis ou Malet ne posa jamais un orteil, et cela sent la volonté d’appâter le lecteur privé d’Amérique par la censure germano-pétainiste. Qu’importe. En dépit de ses airs de pastiche opportuniste, « L’ombre du grand mur » a un ton très personnel qui fait oublier ces concessions.
A lire? Absolument!
