Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Humeur et nostalgie (?)

Les années 80 et le Paradis inconnu des moustachus inaudibles.

C’est à vous les vieux qui constituez une bonne part de mes lecteurs que je m’adresse en particulier. Ceux qui ont connu les années 80 en particulier, qu’ils aient ou non été adolescents alors. Que vous évoque cette décennie? La question fera immanquablement défiler des images marquant cette époque. La coupe Mullet, Mitterrand, Jack « formidable » Lang, Nanard Moquette (Bernard Tapie, pour qui n’aurait pas compris) la New Wave, les synthés, la Mode qui bégayait les années 30, le postmodernisme, etc. Liste non exhaustive.

Ou est-ce que je veux en venir? Au fait que cette période annonçait sous de nombreux aspects la décrépitude que nous connaissons aujourd’hui. La panne de création favorisait le retour de genres oubliés. Surf, Ska, Garage, Rockabilly furent ainsi ressuscités avec plus ou moins de bonheur. Le Punk, déjà cadavre mais qui remuait encore comme l’artilleur de la chanson, enfantait des rejetons pas toujours recommandables, tels les groupes alternatifs français, maternelle ou classe pour neuneus incarnés par les affligeants Bérurier noir ou Ludwig von 88. Il y avait bien par ailleurs le Heavy Metal, bien meilleur que ne le disaient les snobs mais desservi par ses excès capillaires et ses collants que d’aucuns appelaient des pantalons et qui vous donnaient l’air d’un Serge Lifar peinturluré. Il y avait bien l’hybride Psychobilly qui mêlait Punk et Fifties mais qui fut pareil au supplice du pal qui commence si mais qui finit si mal. Il y avait bien Michael Jackson, le dernier à faire de belles mélodies, mais qui s’égara trop vite, ne serait-ce que physiquement. Et puis, il y avait les romances pleurnichardes teintées de moeurs antiques des Smiths au public composé d’étudiantes d’Hypokhâgne, de gays et de sosies de Denis Podalydès.

Par patriotisme, je me tairais quant à la variété française.

Mais ce qui dominait, c’étaient les tchick tchick boums de la New Wave de pâlichons tirant la gueule dont les titres finissaient parfois par illustrer la publicité pour un célèbre établissement bancaire (Non pas de nom, pas de publicité, ah ah!) N’est-ce pas O.M.D? Et The Cure, à qui la décennie dut de voir fleurir dans nos rues des têtes coiffées comme des bananiers anarchiques. « Le n’importe quoi de la pochette évoque souvent le n’importe quoi de la musique. » écrivait François Gorin. Il aurait pu en dire autant du n’importe quoi de la coiffure.

Mais au coeur de cette jungle aux allures de marasme se cachaient dans leurs niches les représentants du fin du fin ou du pire du pire. C’est selon. Les moustachus inaudibles.

En effet, des adeptes de cet ornement pileux (Dont je suis, vous le savez, mais moi je ne fais pas de musique de merde) se crurent forcés de produire des foutages de gueules permis par le développement pour ne pas dire l’invasion des machines. Plus besoin de mélodies ou de compositions, ou d’énergie. seulement la boutique à messieurs Casio et I.B.M. Ce fut le début d’un conte de fées cybernétique qui aurait pu être narré en ces termes: « Il était une fois en Suisse, Dieter Maier, fils de banquier qui fabriquait du chocolat (Est-il permis d’être suisse à ce point?) et Boris Blank qui se rencontrèrent, se plurent tout de suite, se reconnurent, tombant d’accord sur le fait que les bruits n’en n’étaient pas moins de la musique. Ils enquillèrent quelques titre remarqués sans obtenir de réel succès commercial mais réunissant une secte fidèles glandus bien persuadés d’avoir découvert la pierre philosophale de la modernité sonore.

En 1987 cependant, l’improbable arriva. Un tube. Sobrement intitulé « Oh yeah », assemblage de bruitages dont la seule cohérence se résumait à l’interjection du titre, digne pour certains d’un quinquagénaire exprimant son enthousiasme du slip devant le passage d’une mineure. Le titre ne rencontra au départ qu’une audience modeste jusqu’à ce que John Hugues, le roi américain du films pour boutonneux s’en empare pour sa comédie à la gloire de l’école buisssonnière : » La folle journée de Ferris Bueller/ Ferris Bueller’s day off ». Il semblerait par ailleurs que les Simpsons s’en servirent à leur tour.

Toutefois, cette chanson demeura la plus célèbre, notamment parce qu’elle ponctuait les aventures d’un artiste du séchage de cours tête à claques. Certains films ont la musique qu’ils méritent!

Oh yeah, et à suivre!


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