Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Soldats improbables

La trinité tragique du Vietnam.

Bo Gritz, le surhomme.

James Gordon ‘Bo » Gritz, natif d’Oklahoma élevé par ses grands parents ne s’imaginait sans doute pas un destin de brillant militaire. Il intégra en tout cas les Forces Spéciales dès le début des hostilités au Vietnam ou il se distingua notamment pour avoir récupéré la boite noire d’un avion américain abattu en territoire ennemi. Il se distingua également en commandant des unités mixtes incluant des vietnamiens et des américains. Il servit ensuite en Amérique Latine et au Moyen Orient.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. A partir des années 80, Gritz se fit comme un devoir de susciter les controverses. D’abord en cédant au fantasme des « prisonniers de guerre toujours retenus quelque part dans la jungle du Vietnam du Nord. Gritz mit en effet sur pied plusieurs opérations visant à repérer d’éventuels camps de détention. Ces initiatives déplurent fort aux gouvernements vietnamiens et américains, lesquels demandèrent à l’officier de se calmer. Qu’à cela ne tienne, Gritz décida d’utiliser son énergie sur d’autres terrains. Humanitaire, notamment. Il monta « Almost Heaven », lieu d’accueil destiné aux anciens combattants. Il négocia également à la demande de la Police avec des vétérans en crise. C’est beau comme l’Antique. Et digne de Rambo. Bo Gritz ou le vrai colonel Trautman.

Il se lança en politique lors de la présidentielle de 1992 sous les couleurs du « Populist party » conservateur, chrétien et naturellement peu ouvert aux plaisirs différents. Il renonça toutefois quant il s’aperçut que figurait sur sa liste David Duke, militant fanatique du Ku Klux Klan.

Voila ce qui s’appelle un CV.

En guise de conclusion de ce modeste dossier, voila trois hommes qui représentent chacun des effets que peut avoir la guerre. La guerre qui détruit moralement et transforme un individu ordinaire en monstre. La guerre qui détruit physiquement et retourne un belliciste en activiste acharné de la paix. La guerre qui transcende et fabrique un héros. Mais pas n’importe quelle guerre, celle du Vietnam qui, avec le lot habituel de boucheries et de champs d’honneur, avait la particularité d’être la première à se dérouler sous l’oeil des caméras de télévision. Ainsi, les américains en même temps que le reste du monde pouvaient suivre au quotidien le déroulement du conflit. Comme s’il s’était agi d’un feuilleton. Et c’en était un. Il allait donc de soi que très vite, les médias allaient produire des héros et des vilains, des lâches et des martyrs. A méditer.

A bientôt!


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