Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Soldats improbables

La trinité tragique du Vietnam. Deuxième partie.

Ron Kovic, le martyr.

Né un 4 juillet….Titre du récit autobiographique de Ron Kovic, ancien sergent des Marines, mutilé de guerre et militant pacifiste. Une fois qu’on a dit ça, on a tout dit. Ou presque. Avant d’aller plus loin, je précise qu’il ne s’agit pas ici de se moquer d’un infirme et encore moins du combat qu’il a mené. A ce titre, il faut lui reconnaître le mérite d’avoir révélé dans son ouvrage les conditions honteuses dans lesquelles étaient soignés. En effet, ces derniers n’avaient pas été rendus à la vie civile, toujours tenus de se mettre au garde à vous et de faire leur lit au carré et ce quelque fut leur état. Pour cela, on peut en savoir gré à cet homme qui a montré u réel courage physique et moral.

Mais il y a un revers à la médaille. Sans jeu de mots. Kovic s’est dès le début montré un volontaire dans tout les sens du terme. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu sa blessure lors d’une mission de reconnaissance à laquelle il n’était pas obligé de participer. C’était la quatrième de ce type, celle de trop. Et encore une fois, il était volontaire, engagé, un professionnel qui n’ignorait pas les risques, à la différence de tant d’autres envoyés malgré eux crever dans les rizières. Certes, je suis mal placé pour juger, n’ayant comme la plupart de mes pareils jamais connu de guerre. Certes, cet homme dont je me permet de parler est respectable. Mais pas au-dessus de la critique. Sa présence parfois envahissante dans les médias qui tournait à l’exhibitionnisme a de quoi agacer, sans parler de la prétention si partagée chez les protestataires d’avoir arrêter la guerre. « Man, we stopped a war! » cette phrase a de quoi hérisser, sachant que la guerre n’a pas cessé par la volonté des hippies. Car si l’opinion publique a compté au cours de cette triste histoire – et la contribution de Kovic à celle-ci ne fut pas anodine- elle n’a pas suffi à enrayer le conflit. Cela est également représentatif du fait qu’en Amérique « Tout est spectacle » pour reprendre le mot de cette ordure de Romain Goupil. Non, vraiment c’était trop bon pour cet imbécile. Reprenons. Tout est spectacle en effet, et peut-être pas seulement en Amérique, et c’est ce qui est arrivé à Kovic, dont la vie semble avoir été un film avant d’en devenir vraiment un. Et il n’est pas le seul.

A suivre…


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