Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Littérature française.

Aujourd’hui: « Journal d’une enfant vicieuse » de Madame de Morency (Hugues Rebell, en fait, mais j’y reviendrais!) (1903)

Les aventures de la jeune Suzanne au couvent entre scatologie et flagellations.

Hugues Rebell aimait décidément les pseudonymes. Déjà, il ne s’appelait ni Hugues ni Rebell mais Georges Grassal. Il gagna beaucoup d’argent qu’il perdit très vite jusqu’à sombrer dans la misère avant de connaître une mort prématurée. Ici, il se pare de l’identité d’une certaine Madame de Morency ou Suzanne Giroux dite la Morency auquel il attribue ce « Journal d’une enfant vicieuse » soit disant rédigé par l’impétrante en 1796 et retrouvé par hasard à Soisson. Par delà cette supercherie, le livre connut une réimpression en 1905, subit une interdiction jusqu’à une nouvelle réédition en 1961 puis une réhabilitation par Jean Jacques Pauvert, coutumier de l’exhumation des maudits littéraires, Sade en tête.

Et le livre dans tout ça? Il y a peu à en dire. Ragoût de perversions rancies, il respire l’auteur qui radote faute de mieux, ou qui racle les fonds de tiroirs vite fait pour encaisser quelque menue monnaie. En regard de la situation de Rebell lors de la rédaction de cet ouvrage, cela n’aurait rien de surprenant. C’est d’autant plus triste que l’auteur avait fait tellement mieux.  » Les nuits chaudes du Cap français », roman colonial plein d’un humour piquant ou son chef d’oeuvre « La Nichina », ou le cape et d’épée rencontrait la dépravation comme des noces entre Dumas et le marquis de Sade. Ici, il n’y a qu’un auteur qui se survit avant le coup fatal. Dommage, mille fois dommage!

Alors à lire? Seulement pour les curieux et les collectionneurs compulsifs. Tout à fait dispensable sinon.


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