Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Littérature francophone- Edition spéciale

Aujourd’hui: « La Cyclope » (1978) et « La forteresse de Makiling » (1979) de Jean Van Hamme.

Vous ne l’aviez pas demandé mais vous l’aurez quand même, à savoir un article sur deux opus de l’auteur belge Jean Van Hamme mettant en scène l’aventurier monténégrin et fils de milliardaire Largo Winch. Avant d’être décliné en bande dessinée et au cinéma, ce héros naquit en littérature. Ses aventures sont dans le ton des romans de ce genre depuis la création d’un certain agent secret britannique. Action, exotisme, érotisme (Très présent ici) intrigues politico-économiques internationales, violence et surtout des méchants pittoresques et inquiétants, en l’espèce particulièrement réussis.

Si j’insiste sur ce point c’est que l’important ce sont les doubles négatifs du héros. Parce qu’ils sont à la fois la source et l’ornement du récit. Parfois séparément tel le traître qui veut la peau de Winch dans « La Cyclope » se sert d’une redoutable tueuse – la monstresse du titre- pour parvenir à ses fins. Ou tout à la fois comme dans « La forteresse de Makiling » lequel volume projette le héros entre de redoutables terroristes qui ont pris en otage son meilleur ami et les militaires réguliers (L’action se déroule aux Philippines alors sous la botte de Ferdinand Marcos)

Concernant la fonction d’ornement du méchant, il faut reconnaître que ceux des « Largo Winch » font très bien le travail. La Cyclope est une ancienne déportée qui a pour amant un attardé mental répugnant et qui doit son infirmité à son bourreau SS…Celui-là même qui l’emploie pour se débarrasser de Winch!

Puisqu’il est question d’ornementation, il est bon de parler des personnages secondaires. L’avocat militaire minuscule qui finira la fesse déchirée par des chiens, ou encore (Allez, je me répète!) l’amant de la Cyclope incapable d’ouvrir la bouche sans baver.

Bon, j’ai peu parlé de l’intrigue, en l’occurrence, ce qui compte ici n’est pas tant l’intrigue que ce qu’elle génère ou, plus exactement, elle ouvre la porte sur un univers d’une fantaisie d’autant plus débridée qu’elle n’était pas sous la surveillance des censeurs qui ne relèvent désormais plus de l’état mais de conglomérats de frustrés.

En cadeau, cette très belle illustration de Georges Pichard.


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