Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Littérature française

Aujourd’hui: « Les épées » de Roger Nimier (1948)

Le parcours de François Sanders, enfant de la bourgeoisie, de la guerre à la paix en passant par la Milice. Il est question de ses amours et plus généralement de ses vues sur le monde.

Roger Nimier, que j’ai déjà évoqué ici, fut une figure de la droite littéraire et un personnage flamboyant qui eut une fin aussi romanesque que pétaradante au volant de son bolide.

« Les épées » fut le premier roman de l’auteur, roman particulier en cela qu’il n’évite pas certains écueils propres aux premières oeuvres, notamment la complaisance, mais aussi parce qu’il s’apparente davantage à un poème qu’à un roman proprement dit. Une élégie au courage disparu des français suite à la défaite de 40, et des refuges que trouvèrent les rares encore épris de bravoure. Que ce soit dans la Résistance, la Milice ou autre… Mais Nimier ne se laisse emporter ni par la mélancolie ni par une admiration aveugle. Il ne se montre en effet jamais dupe des limites, de la candeur ou des vantardises des uns et des autres. Il fallait du cran pour aborder un tel sujet, et un esprit visionnaire. Aussi étonnant qu’il paraisse, de ce point de vue Nimier se rapproche de son exact opposé Jean Meckert (Egalement chroniqué ici) évoquant les travers de la Résistance dans « Nous avons les mains rouges » a cette grande différence près que Nimier, s’il ne nie pas le tragique, le traite avec un humour cynique. Enfin, et c’est en un sens curieux, Nimier se faisait précurseur d’une certaine littérature de témoignage (Dans les thèmes et non dans le style) qui apparaîtra vers la fin des années 60 et dont « Le rêveur casqué » de Christian La Mazière fut un des plus fameux exemples.

Malgré certaines faiblesses, et par son style empreint de lyrisme et de sarcasme, ces travaux de jeunesse annoncent un grand écrivain. En bref, à lire!


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