Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- Les excentriques du Rock’n’Roll

Aujourd’hui: Warren Smith

Il y a des artistes de la première chance. Il y a des artistes de la deuxième chance. Il y a des artistes qui ont un peu de chance. Il y a des artistes qui n’ont aucune chance. Warren Smith se rapprocha de cette dernière sorte tant les occasions heureuses lui furent refusées.

Pourtant, les choses ne commencèrent pas si mal pour Smith.  » Rock’n’Roll Ruby » écrit par Johnny Cash eut son succès.  » Ubangi stomp » écrite par un certain Charles Underwood également. Mais déjà le mal se dessinait dans ces deux titres. D’abord, ils n’étaient pas de sa plume. Ensuite, ils luifurent soufflé par Jerry Lee Lewis dont les qualités de styliste effacèrent ses versions. Pire, signé sur le mythique label Sun records que le Tueur et L’homme en noir, Smith enregistra beaucoup mais ne fut guère publié par le boss de la maison Sam Phillips. Pour achever ce tableau de la déveine, le même Phillips mettait en avant lors des tournées le Killer au détriment de Smith, provoquant l’ire de ce dernier qui en venait souvent aux mains avec Lewis.

Les années 50 s’achevèrent. Comme nombre de ses confrères rock’n’rollers Smith se tourna lors de la décennie suivante vers la musique Country. Pour autant il n’obtint pas davantage les faveurs du public. Au point qu’il se lassa, abandonnant toute activité musicale.

Jusqu’à ce que des discs jockeys européens s’intéressent à son oeuvre lors du Rockabilly revival des années 70. Ces derniers déterrèrent non seulement les 45 tours de l’ère Sun mais aussi les titres que le patron s’était bien gardé de publier. « Red cadillac and a black moustache », fantastique ballade rythmée, « I’m movin’ on », reprise testostérnée du classique Country de Hank Snow ou en encore « Dear John », magnifique chanson de rupture menée sur un rythme implacable. Et bien d’autres.

En regard de la demande du public suite à la sortie en albums des titres précités, des concerts devaient suivre. Les concerts suivirent, proposés à Smith qui forcément les accepta. Quelle ne fut sa surprise devant l’accueil des publics français ou anglais! Lui qui ne voyait là qu’un moyen de se refaire trouva une gloire qui avait jusque là toujours absente.

Il n’en profita guère. Il mourut d’un infarctus en 1980.

A bientôt!


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