Aujourd’hui: »L’invitation au voyage » de Peter Del Monte (1982)

Un jeune homme fou de sa soeur qui tente sa chance sur la scène Rock est au désespoir quant celle-ci (La soeur, pas la scène Rock!) meurt électrocutée dans son bain (C’est digne de Claude François) Il décide alors de transporter son corps dans un étui à contrebasse perché sur le toit de sa voiture. Il entreprend alors un périple parsemé de rencontres.

« L’invitation au voyage » , un titre Baudelairien pour un film poétique, passé relativement inaperçu lors de sa sortie et qui aurait mérité mieux que cette indifférence ainsi que l’oubli dont il souffre aujourd’hui. » Road movie » au sens plein du terme, il emmène son héros sur l’asphalte et, chemin faisant, le confronte à cette faune routière bigarrée. Un immigré turc, une jeune femme en recherche d’on ne sait quoi, un vieil homme amateur de Kim Wilde. Et d’autres. Mais ces figures pittoresques ne servent que de miroirs à la quête de ce personnage à peine sorti de l’adolescence qui ne se console pas de la perte de sa véritable moitié. Cette soeur adorée, cette jumelle dont il ressent la mort comme une mutilation.
Tout « Road movie » il faut la rappeler, est une quête dont l’objet n’est parfois révélé que lors de son dénouement. « L’invitatioe au voyage » ne fait pas exception à cette règle, dévoilant le désir profond du jeune homme seulement à la fin, emmenant le film aux limites du fantastique. Mais, chut! Il convient de ménager l’effet de surprise.
Plastiquement beau, typique du début des années 80 (Proche du « Diva » de Beineix) mais sans excès, travaillé dans son esthétique sans nuire au naturel des images, ni à l’émotion dégagée par le récit et ce en dépit de son caractère vénéneux. Une réussite à redécouvrir!
