« Talon rouge. Barbey D’Aurevilly, le dandy absolu » de Arnould de Liedkerke.
« Prince de Ligne: Mémoires » Par le Prince de Ligne
Aujourd’hui, un sujet littéraire un peu particulier en cela qu’il est francophone et qu’il concerne deux pays la France et la Belgique. Voire les deux à la fois., via les deux livres présentés ici. »Talon rouge » biographie de Barbey D’Aurevilly par l’écrivain belge Arnould de Liedekerke et les mémoires du Prince de Ligne, figure de l’aristocratie d’Outre-Quiévrain. Si j’ai décidé de réunir en un même article ces deux ouvrages, ce n’est ni le fait du caprice, ni celui du hasard. Il existe en effet un rapport entre les deux sujets: l’admiration que portait Barbey D’Aurevilly au Prince (Dont ce n’était qu’un titre parmi d’autres)
« Talon rouge, Barbey D’Aurevilly le dandy absolu » est une biographie de celui qu’on nommait parfois le « Connétable des lettres ». Une biographie doit trouver un angle sinon origina, à tout le moins personnel, pour présenter quelque intérêt. Ou encore pertinent. C’est le cas ici, comme l’indique le titre, il s’agit de raconter le noble normand au travers de ce qui fut l’une des grandes passions de sa vie: le Dandysme. Ce dernier est un concept obscur incluant aussi bien l’habillement qu’une certaine attitude envers la vie. Lié au Romantisme et au dédain engendré par l’avènement de la démocratie et l’égalité supposée qu’elle prône, et donc de la médiocrité, le Dandysme continue à susciter les réflexions des intellectuels adeptes d’une idée que d’aucuns désignent sous le terme de « Sartorialisme » (Merci à Hugo Jacomet!) mais aussi d’autres plus intellectuels qui en voient la dimension existentielle. Le livre de Liedekerke établit le rapport entre ces différents aspects tels que Barbey les a vu et vécu. L’auteur livre ses réflexions personnelles sur la question, brosse des portraits savoureux de personnages hauts en couleur du temps de Barbey et dresse un historique des racines du Dandysme.

Cela me permet de faire le lien avec le second ouvrage, les Mémoires du Prince de Ligne.
Figure aristocratique à la fois militaire et mondaine (Il commença officier puis termina maître des plaisirs, ce qui devait inspirer plus tard Frédéric Dard, mais ce n’est pas le sujet) , Charles Joseph Lamoral 7è Prince de Ligne s’essaya à l’écriture, remplissant des pages sur des thèmes divers et variés qu’il décida de réunir en plusieurs volumes sous le titre de « Mélanges » Il les fit lire à Madame de Stael qui lui conseilla de n’en conserver que la matière nécéssaire à un seul livre. Madame de Stael a sans doute eu raison. De cette coupe claire (Et non coupe sombre) il résulte le portrait d’un siècle vif et léger, de personnages aussi considérables que pittoresques. Joseph II d’Autriche voyageant sous sa fausse identité coutumière de Comye de Falkenstein, Jean François Vock, avocat à l’origine de la constitution Belge dite « La joyeuse entrée » ou encore Kutuzov, futur vainqueur de Napoléon que tout le monde crut mort lorsqu »il perdit son oeil suite à un accident. Mine de renseignements sur un monde oublié à la langue élégante qui respire ce qui habitait le siècle de Ligne: L’Esprit qui fascinait tant Barbey.

Arnould de Liedekerke
Avant de finir, un mot de Arnould de Liedekerke. Spécialiste de la littérature du XIXè siècle et pilier du Figaro Littéraire. Outre « Talon rouge » on lui doit « La belle époque de l’Opium » étude parue en 1984.

