Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- America’s dark corners-Cinquième partie

Gloria Grahame

Elle fut parfois surnommée la « Sainte Blandine du Film Noir ». Il est vrai que les personnages qu’elle incarnait semblaient aller au devant du plus grand malheur. Amoureuse d’un homme instable – et sans doute meurtrier- dans « Le violent » (« In a lonely place », Nicholas Ray, 1950), au centre de la traque d’un gangster dans « Alibi meurtrier » (« Naked alibi », Jerry Hopper, 1954), « Gun moll » au grand coeur défigurée par un truand dans « Règlements de compte » (« The big heat », Fritz Lang, 1953) Elle enlaça en contrepartie les gloires du genre dont elle était elle-même une figure, passant successivement dans les bras de Sterling Hayden, Humphrey Bogart ou Lee Marvin. Elle était glamour, sensuelle et tragique.

Infiniment plus que Marilyn.

Elle jouait des tragédies antiques sur fond de jungle urbaine à l’écran. Et en vivait dans le monde réel. Obsédée par ses imperfections, elle fut l’une des pionnières du bistouri, lequel s’acharnait à sa demande sur sa lèvre supérieure qu’elle ne trouvait jamais à sa convenance. Elle multipliait les mariages malheureux et se consola avec son beau-fils alors que celui-ci n’avait que douze ans. Elle termina tristement sa carrière, panouillant dans des films d’horreur de Série Z. Une triste histoire. Des films qui demeurent. Une légende aussi.

Fin!


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