Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers- America’s dark corner- Quatrième partie.

Jack Webb, la dernière ligne de défense de la nation américaine.

Dans la mémoire du public américain, John Randolph Webb plus connu sous le nom de Jack Webb était le sergent de Police Joe Friday, héros de la série télévisée « Dragnet », flic droit dans ses bottes (Ses Brogues plutôt!) à la rigueur spartiate dont les principes se résumaient à cette devise « Rien que les faits! » véritable leitmotiv de ce morceau d’Americana télévisuelle.

Pour certains cinéphiles dont l’indétrônable Tsar du Noir Eddie Muller, Webb avec son flic angeleno sans aspérités tua le Noir à jamais. Sans doute est-ce vrai. Mais ce qu’il faut retenir chez cet artiste multifonctions (Acteur, réalisateur et producteur) c’est qu’il contribua pour une bonne part responsable de l’installation du genre Policier à la télévision à la fin des années 50. « Dragnet » (Qui eut une déclinaison homonyme sur grand écran sortie sous le titre « La Police est sur les dents » chez nous) Après « Dragnet », les flics, et plus encore les privés entrèrent dans le paysage des téléspectateurs. Mike Hammer, Peter Gunn, notamment. Il y eut aussi des personnages plus atypiques, tel « Johnny Staccato » interprété par un jeune John Cassavetes, héros au nom musical et pour cause, il n’était pas flic, même pas privé mais…pianiste de Jazz.

Le Jazz, soit dit en passant, était d’ailleurs une des grandes passions de Jack Webb, heureux possesseur de milliers de disques du genre. Il apparut en fêtard pianiste amateur dans « Boulevard du crépuscule » Il alla jusqu’à interpréter un musicien dans « Pete Kelly’s Blues ».

Le Jazz, son métier d’acteur, le tabac, Webb était un homme de passions. Mais celle qui dominait toutes les autres: l’Amérique. Il le prouva au travers des nombreux rôles de militaires ou assimilés. Ancien combattant barbu (Une exception chez cet homme adepte inconditionnel du rasoir) réconfortant Brando soldat paralysé dans « ‘C’étaient des hommes », avocat de la Navy qui tancent les mutins qu’il doit défendre dans « Ouragan sur le Caine », correspondant de guerre dans « Okinawa » et enfin, et surtout, sergent instructeur des Marines aux prises avec une recrue indisciplinée dans « The D.I », préfigurant Lee Ermey dans « Full metal jacket »

Oui, Jack Webb fut un symbole, celui d’un gardien de l’ordre et d’une certaine morale; Certes, l’attitude rigide de Webb prêtait parfois à sourire (A noter qu’il se parodia lui-même lors du Johnny Carson show en 1968) et donna du grain à moudre aux progressistes qui sont nombreux chez les cinéphiles. Dont Eddie Muller, persuadé que Webb fut le fossoyeur du Noir. C’est doublement faux. D’abord parce que le genre devait mourir de sa belle mort. De toutes façons. Ensuite parce que si l’on excepte « Boulevard du crépuscule », Webb ne fréquenta guère les ruelles de la « Dark city » chère à Muller. Son influence fut en revanche considérable sur la télévision.

C’est donc l’histoire d’un malentendu.

Parodie de « Robinson Crusoe » parue dans « Mad magazine’ ou apparaît Jack Webb sous le nom de….Joe Friday. Eh ben, oui c’est Vendredi!

Hommage parodique datant de 1987, avec Dan Aykroyd et Tom Hanks.

A suivre!


Laisser un commentaire