« Association criminelle/The big combo » de Joseph H. Lewis (1955)
Un policier et un baron de la pègre particulièrement cruel s’affrontent autour d’une femme qu’ils convoitent tous les deux.

En regard de l’article précédent, d’aucuns pourraient croire que j’ai des actions chez M.Joseph H. Lewis. Il n’en est rien. Si deux de ses films figurent dans ce dossier, c’est en raison de leur qualité. C’est tout. Et par « qualité » j’entends non seulement la valeur mais aussi la caractéristique de ces oeuvres. En effet, à plusieurs reprises Lewis se montra audacieux et inventif – ce qui était indispensable en regard des budgets minimalistes dont le réalisateur disposait- et pas seulement dans le Film Noir. Lewis oeuvra également dans le Western auquel il donna deux fleurons « 7è de cavalerie’ et « Terreur au Texas »
Dans le cas qui nous intéresse, Lewis ne démérite pas avec ce duel entre deux hommes situés chacun d’un côté de la Loi. Mais comme l’écrivait Brasillach, ces personnages ne se livrent pas à « L’éternelle épreuve sportive entre le Bien et le Mal », ils sont loin des G-men coursant des émules de Dilinger des années 30. Non, le fond de leur affrontement est tout autre. C’est une lutte d’homme à homme qui cherchent à prouver leur supériorité sur l’adversaire. Qui est le plus fort? Qui a le vrai pouvoir? Et, lâchons le mot, qui est le plus viril?
A une époque – la notre- ou la masculinité est diabolisée, « Association criminelle » donnerait du grain à moudre aux séides de Sandrine Rousseau tant le boss du crime incarné par Richard Conte montre un visage hideux de l’homme. Je veux dire de l’homme. Plein de testostérone nourrissant sa masculinité toxique, il ne se contente pas de tuer, il sadise avant. Ainsi son ancien patron connaît-il le sort peu enviable d’une torture au sonotone. Le boss ne se contente pas de tuer ceux qui le gênent, il se débarrasse de ceux qui pourraient le gêner (Il est prévoyant) Ainsi ses hommes de main sont-ils effacés de peu aimable manière.
Eh oui, toujours la rengaine de « Ce que les hommes font aux hommes ». Mais, chères amies féministes, pour éliminer les hommes brutaux, il faut des hommes brutaux ou, à tout le moins, des hommes capables pour la circonstance de montrer autant de cruauté que leur opposant. C’est ce que finit par appliquer le flic joué par Cornel Wilde. Heureusement. Comment vaincre le monstre, sinon en sortant de ses gonds de gardien de la paix intègre et mesuré? Le héros doit être un monstre, affirmait récemment Jordan Peterson. Ou, plus précisément, devenir un héros implique parfois de devenir un monstre. Et sans parler de bravoure, il existe une violence auquel il n’est pas possible d’échapper. Que ce soit pour maintenir l’ordre. Ou assurer sa survie. Un thème qui sera souvent abordé plus tard, en particulier dans les années 70, dont « Association criminelle » est en un sens un précurseur.

Au final, un film exceptionnel pour son temps par un metteur en scène qui, s’il n’était pas un génie, savait toucher droit au but et même avoir des longueurs d’avance. Pour finir, il convient de signaler la présence d’excellents seconds rôles tel Brian Donlevy et Lee Van Cleef, encore débutant et avec des cheveux.

A suivre!
