Aujourd’hui: « Le fourgue » de André Héléna (1953)

Monsieur Bernard, brocanteur de son état, cache derrière une allure de père tranquille un margoulin redoutable, fourgue pour des truands qui parfois s’approprie les biens qui l’intéresse de manière peu scrupuleuse. Son système jusque là bien huilé s’enraye le jour ou il commet l’erreur de prendre sous son aile un jeune truand qui a tenté de s’en prendre à lui.
« Le fourgue » est le huitième opus du cycle des « Compagnons du destin » de André Héléna , saga dont chaque volume s’attache à des figures ou archétypes du Milieu, proxénète, braqueur, tueur à gages ou encore receleur comme dans « Le fourgue » ainsi que son titre l’indique.
Comme toujours chez Héléna, son héros est un malheureux qui patauge jusqu’à sa fin inévitable dans la médiocrité. Comme toujours, l’auteur prend en compte les souffrances et les motivations de son « héros », il le regarde avec compassion et même compréhension son. Mais sans pour autant l’excuser.
Une pièce supplémentaire au « Dossier Héléna » et à sa saga des « Compagnons du destin » qui forme une fresque réaliste, à la fois sordide et émouvante d’un monde et d’une époque qui évite le pittoresque souvent agaçant de Simonin et Lebreton. Une grande oeuvre alors? Cela se pourrait bien….
