Aujourd’hui: Jacques Dufilho
Le cabaret, le cinéma, la télévision, le théâtre. Du comique pas toujours léger à quelques exemples de ce que notre cinéma pouvait donner de meilleur, il était partout. Faire valoir dans des nanars ou il donnait parfois la réplique à De Funès. Au cours d’une carrière longue autant que prolifique, il incarna une incroyable galerie de portraits. Vigneron, paysan breton, commissaire Juve, colonel compréhensif de recrues aussi bêtes que peu motivées, les bidasses qui étaient paraît-il en folie. Il endossa souvent l’uniforme, et d’abord dans la vraie vie, appelé comme tant d’autres lors de la campagne de France. Il coiffa même le képi du Maréchal le temps d’un film, et considérait que le gouvernement Reynaud aurait du être jugé. Il fut aussi l’inoubliable chef mécanicien du « Crabe tambour » marin autant que conteur des histoires secrètes de sa Bretagne. Il fut le vengeur à vélomoteur de la « Journée bien remplie » de Jean Louis Trintignant. Il tourna pour Chabrol, pour Schoendorffer, pour Mocky et pour Truffaut qui coupa son rôle dans « Les 400 coups ». Il fut comme le comédien accompli qu’il était à lui seul bien des personnages et en bien des endroits. Ce petit homme sec à la voix si particulière se destinait à être paysan mais sa passion de la comédie le rattrapa sans lui faire oublier son goût pour la terre qu’il cultivait dans le coin du Sud-Ouest ou il se reposait entre deux tournages. Là-bas, il se consacrait également à l’autre grande affaire de sa vie: les Bugatti. Il était discret et répondait avec un laconisme ironique aux journalistes trop curieux, tout en cachant ni sa foi catholique traditionnelle, ni son Monarchisme.
Pour tout cela, merci monsieur Dufilho.













