Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Le cinéma français.

Aujourd’hui: « Maigret tend un piège » de Jean Delannoy (1958)

Le commissaire Maigret traque un tueur de jeunes femmes qui terrorise Paris. Son enquête le mène sur la piste d’un jeune homme dont la façade cache un lourd secret.

Jean Gabin endosse ici pour la première fois le feutre et le pardessus du célèbre commissaire et comme à son habitude s’empare du rôle avec son talent et son professionnalisme coutumier. Mais qu’en est-il du film lui-même? Un mystère qui n’en n’est pas vraiment un tant la culpabilité du jeune homme interprété par Jean Dessailly est évidente sitôt que Maigret débarque dans son appartement. Mais il en va toujours ainsi chez Simenon, l’important n’est pas tant l’identité du coupable que ses motivations.

Quelles sont-elles? Je ne vous le dirai évidemment pas afin de ne pas gâcher le plaisir de votre découverte éventuelle. Toutefois, et ce pour vous appâter un peu, sachez que si le schéma enquête/ Solution/ Révélation de la psyché de l’assassin ,n’était déjà pas si neuf alors, il est fort bien utilisé par le réalisateur Jean Delannoy, un de ces artisans solides du cinéma français sur lesquels la Nouvelle vague cracherait un peu plus tard. Par ailleurs, il est permis de supposer que Henri Verneuil s’en inspirera pour son chef d’oeuvre « Peur sur la ville »

Le film est très bien servi par son interprétation. Gabin, bien sûr, mais aussi Jean Dessailly dans un rôle ingrat, Annie Girardot débutante prometteuse, quelques bons seconds couteaux, dont, le temps d’une brève scène, l’excellent Daniel Emilfork. Le film offre de surcroît un portrait de la France de l’époque en pleine transformation, se dirigeant vers une civilisation des loisirs.

En bref, à voir!


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