Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Les soldats improbables.

Aujourd’hui: Siegfried « Kongo » Muller.

Ma récente série sur les uniformes m’a donné l’envie d’aborder le sujet des soldats improbables, et ce qu’il s’agisse d’unités ou d’individus. Pour l’inaugurer, j’ai choisi un des plus redoutables mercenaires de l’ère moderne: Siegfried Muller alias Kongo Muller, alias « Le tueur souriant ». Soldat de la Wehrmacht pendant la Seconde guerre mondiale ou il gagna une blessure au dos et une Croix de fer avant d’être captif des américains. Une fois libéré, il exerça diverses activités parmi lesquelles l’entraînement des troupes de l’OTAN à Paris, le déminage dans le Sahara (Histoire de dégager les cadeaux laissés par ses collègues de l’Afrikakorps) ou le gardiennage pour British Petroleum. L’Allemagne de l’ouest lui dénia le droit de rejoindre la nouvelle armée la Bundeswehr, ce dont il se consola en gagnant l’Afrique du sud au milieu des années 50.

Muller portait sa Croix de fer en permanence, ce qui lui valut d’être remarqué par un photographe au Congo.

L’Afrique…. (« Tu connais l’Afrique? » comme me demandait un abruti, mais passons!) l’Eldorado pour Muller pas encore Congo qui allait y trouver la gloire et la haine. La gloire au sein du groupe de mercenaires commandés par Mike Hoar contre la rébellion Simba au Congo, ce qui lui valut un grade de capitaine. La haine en raison des exécutions sommaires pratiquées par l’homme pendant son service. Figure honnie par le gauchisme en Allemagne de l’Ouest et par le gouvernement Est-allemand (Pas de jaloux!) lesquels firent très vite le lien entre le Nazisme dont Muller était un produit et la réaction envers l’anticolonialisme. D’autres par contre virent en Muller, et ce assez inexplicablement, une icône Pop du même acabit que celui des Rolling Stones. La littérature puis le cinéma s’en emparèrent, le romancier Wilbur Smith s’en inspira pour créer le personnage du capitaine Heinlein dans son roman « Le dernier train du Katanga », personnage interprété par Peter Carsten dans le film homonyme tiré du livre susmentionné.

Quoiqu’il en soit, je ne tirerai pas de conclusion quant à cette figure militaire. Je me contenterai de poser les questions qu’entraîne inévitablement ce genre d’individu. Celle de ce que permet la guerre, mais aussi celle de la célébrité qui ne manque jamais de fasciner, quelle qu’en soit la cause.

En attendant, à la bonne vôtre!


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