Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Chanson française: être ou ne pas être Pop.

Troisième partie.

Parallèlement à son confrère Ferré et aux rockers Dick et Eddy, Jacques Brel se montra lui aussi sensible aux charmes de la culture anglo-saxonne. Mais de manière fort différente. Là ou les précités empruntèrent à la Pop, Brel (qui ne se souciait pas des modes) se tourna vers un tout autre genre: la comédie musicale. Pas n’importe laquelle: « Man of La Mancha » inspirée par « Don Quichotte » de Cervantès et crée par Dala Wasseman (Livret) Joe Darion (Paroles) et Mitch Leigh (Musique) Déjà fasciné à l’origine par le mythe de Don Quichotte, Brel fut transporté par cette adaptation scénique à laquelle il assista au Carnegie Hall à New York en 1967. Au point d’en acheter les droits.

La pièce se monta assez rapidement l’année suivante et la première eut lieu logiquement au théâtre de la Monnaie à Bruxelles, avec Dario Moreno en Sancho Pança, Joan Diener (Par ailleurs créatrice du rôle à Broadway) en Dulcinée et bien sûr Brel en chevalier à la triste figure. Le spectacle obtint un immense succès malheureusement endeuillé par la mort soudaine de Dario Moreno qui devait ensuite être remplacé par Robert Manuel.

Maintenant que j’en ai fini avec la partie Wikipedia de cet article, voici maintenant l’heure de l’analyse. La création de ce spectacle intervient à un moment clé dans la carrière de Brel, celui ou il a renoncé aux concerts, ce qui lui laisse le temps de se livrer à de nouvelles expériences. Dont cette version du livre de Cervantès. Mais il ne s’agissait pas seulement pour lui de se donner un défi en s’engageant sur un terrain pour lui inconnu. Il était depuis toujours fasciné par le mythe du chevalier décrit par Cervantès, aussi Brel trouvait-il l’occasion d’en donner sa propre vision.

Outre les raisons qui appartenaient à Brel ainsi que les qualités immense de l’oeuvre, « L’homme de La Mancha » fait apparaître le rapport entre la culture française (En tout cas latine et francophone, Brel étant belge) et la culture anglo-saxonne, si différentes et pourtant s’influençant à l’occasion. En dépit de ceux qui les opposent systématiquement. Et c’est logique. Qu’est-ce que l’Amérique sinon une extension de l’Europe et, partant, de la France?

A bientôt!


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