Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Chanson française, être ou ne pas être Pop.

Deuxième partie.

Eddy Mitchell et Léo Ferré, le Zoo débarque à Barclay (Quand le Magma ne déborde pas!)

C’est les années Pop, et pour certains il faut s’adapter. C’est entendu. Pour d’autres, c’est une question de choix. Deux artistes de la maison Barclay sont concernés par ces cas de figures, Eddy Mitchell d’une part, Léo Ferré d’autre part. Eddy se trouve dans une situation comparable à celle de Dick (Voir première partie) ringardisé par les chevelus, il doit suivre une autre voie. Mais laquelle? Celui qui avait chanté « Et s’il n’en reste qu’un » (Le dernier Rocker résistant aux flots de sirop que déversaient les ondes au milieu des années 60, révisez vos classiques les amis! Allez je sais que beaucoup parmi vous les connaissent) se fait accompagner par les Zoo, groupe nantais et accessoirement étoile montante de la Pop chez Barclay. Cela donnera l’amusant 45 tours « Dodo métro boulot dodo » qui annonçait la future veine mi douce-amère mi satirique qui ferait plus tard la fortune de Schmoll. Mais les choses n’iront pas plus loin entre les nantais et le natif de Belleville. Ce dernier se tournera vers les plus solides ( Et très abscons) « Magma » qui assureront l’accompagnement de plusieurs morceaux du très hétéroclite album « Zig zag » en 1972. Ces diverses tentatives n’aidèrent pas Eddy à s’extraire du semi-anonymat qui le poursuivra jusqu’en 1974, année du retour au succès avec le phénoménal « Rocking in Nashville »

Le cas de Léo Ferré est fort différent, puisqu’il s’agit d’un libre choix, le chantre de l’anarchie et de la poésie française étant très éloigné du monde du Rock, il n’était pas soumis aux mêmes contraintes que Dick ou Eddy. Non, pour ce qui le concernait, il s’agissait à la fois de curiosité ainsi que d’une envie de se renouveler. Curieux de nature, Léo avait beaucoup aimé « Nights in white satin » des Moody Blues ( Chanson issue de leur « Days of future passed » dont l’influence s’avéra décidément énorme en France!) au point de les citer dans son merveilleux « C’est extra »

Au début des années 70, Léo décida d’aller plus loin, reniant ses mélodies, se plongeant parfois dans l’hermétisme mais aussi adoptant des sonorités électriques jusque là inédites chez lui. Pour ce faire il eut lui aussi recours… aux Zoo qui l’accompagnèrent le temps de deux albums. Que dire? Ironiquement, nombre des chansons soutenues par les nantais sont en fait du Léo Ferré classique avec un peu d’électricité dedans. Cela fut une parenthèse dans l’oeuvre de Léo qui poursuivit son chemin sur des terrains moins accidentés. Quant aux Zoo, ils disparurent, sans doute morts d’avoir joué dans l’ombre des vedettes.


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