Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

Le vrai Rocky. De Mohamed Ali, Chuck Wepner et Sylvester Stallone.

A l’approche des Jeux Olympiques que tout le monde pressent désastreux, il m’a semblé bon d’évoquer le match Ali/ Wepner qui donnait un exemple de ce que peut être le sport, loin du ridicule. Chuck Wepner affronta Mohamed Ali frôlant la victoire contre son opposant, persuadé de ne faire qu’une bouchée de lui dans le cadre de ce qui devait être un combat facile.

Avant de raconter l’histoire, il est nécessaire d’en rappeler le contexte. En 1974, Ali fit organiser un combat contre George Foreman – autre boxeur noir – à Kinshasa au Congo alors dirigé par le dictateur Mobutu. Ni le choix de l’adversaire, ni celui du pays n’étaient le fait du hasard. Foreman était perçu comme le bon garçon « Oncle Tom » pour parler comme les activistes de l’époque, à l’opposé de Ali, rebelle grande gueule. Quant au lieu, l’Afrique, il renvoyait à l’Afrocentrisme et à la recherche des racines qui travaillait nombre de noirs américains depuis les théories de Marcus Garvey. Ceci posé, tout ce beau monde s’en alla faire le show avec l’écrivain Norman Mailer histoire de donner à la chose un alibi intellectuel. Mailer n’était pas non plus là sans raison, l’auteur étant une de figures de la gauche Outre-Atlantique. (Lequel vit écrit au sujet d’Ali) William Klein, cinéaste américain mais français d’adoption, filma la chose et hardi petit!

Inutile de dire que Ali l’emporta.

Il faut le dire, les enjeux étaient capitaux pour celui qui se qualifiait lui-même de « plus grand ». Privé de son titre suite à son refus de la conscription au Vietnam, vaincu plusieurs fois lors de son retour sur le ring (notamment contre son grand rival Joe Frazier) il lui était indispensable de gagner. Il y mit les formes, étudiant le jeu de Foreman dont il découvrit la principale faiblesse: le manque d’endurance.

Suivirent d’autres affrontements ou le boxeur accusait son âge, ce qui le décida à se choisir comme adversaire un combattant obscur: Chuck Wepner. Ce dernier avait derrière lui une carrière honnête mais sans éclat, ce qui dut persuader Ali qu’il n’aurait pas de mal à le vaincre. C’était sans compter que Wepner à la différence de Foreman était doué d’une endurance qui mit à mal Ali.

Un acteur aussi obscur que Wepner assista à la rencontre devant son poste de télévision. Sylvester Stallone. Il s’en inspira pour créer « Rocky », rencontra Wepner avant d’écrire son script….et le reste de l’histoire est connu. Sauf peut-être le procès intenté (et gagné) par Wepner contre Stallone qui ne lui avait rien reversé à l’homme qui avait contribué à l’enrichir.

Ils se réconcilièrent par la suite. Ce qui permet de terminer cette histoire sur une note positive. C’est d’autant plus heureux que c’est un beau récit ou la volonté et le courage se sont illustré. Comme au cinéma ou presque. En mieux?


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