Les seconds rôles français.
Aujourd’hui: Marcel Pérès.
Il y a ou plutôt il y avait des seconds rôles, des seconds couteaux, des silhouettes,des »Gueules » enfin. Oui, des gueules, des tronches qui habitaient des coins de films pour faire office de cafetier, de flics, de chauffeur ou occupaient tout autre emploi pour servir la soupe aux vedettes, orner le paysage et parfois sauver les meubles. Des gueules que reconnaissait le public sans forcément connaître leurs noms. » Bon sang, je ne connais que lui, mais comment il s’appelle? » Une exclamation qui sortait parfois de la bouche de spectateurs un tant soit peu intéressés par le cinéma devant l’écran de cinéma ou de télévision.
Il en fut sans doute ainsi de Marcel Pérès, né Marcel Jean Paul Laurent Farenc à Castelsarrasin en 1898 et mort en 1974 (L’élection de Giscard avait du achever le pauvre homme) avec son gros nez, sa moustache et son visage taillé à la serpe. Ce fils d’un coiffeur qui déserta très tôt le domicile familial et d’une comédienne avait comme qui dirait un destin qui l’attendait. Il débuta en 1935 dans le court métrage « Un drôle de numéro » de Léo Mora initiant une longue carrière. Cette dernière compte de grands films »La bête humaine » , « Le jour se lève » et même « Quai des brumes »ce qui fait de l’acteur une figure du « Réalisme poétique »Un fait qui auraune importance particulière lors du dernier tiers de sa carrière. Mais n’anticipons pas. Son parcours fut aussi émaillé de nanars tel l’inénarrable « Les femmes collantes » de Pierre Caron (Spécialiste du genre à qui l’on doit également le mythique »Pension Jonas » déjà évoqué dans ces pages) Pérès apparut aussi dans de nombreux films de divertissement, tournant souvent pour André Hunebelle et Bernard Borderie. Mais toujours pour y jouer les utilités.

Il joua pour Mocky les flics et les employés d’hôtel, donnant un cachet un brin surréaliste à ces personnages.
Une espèce en voie de disparition dans les années 60. Et désormais disparue. Certes, la laideur perdure. Grâce au Wokisme. Lequel a ôté tout pittoresque à la mochitude (Qu’on me pardonne ce néologisme!) au nom de la sacro-sainte inclusivité. Aussi, pour se consoler en attendant des jours meilleurs, souvenons nous de Marcel Pérès.
« Un drôle de paroissien » de Jean Pierre Mocky (1963)

« La cité de l’indicible peur » de Jean Pierre Mocky (1964)

