Le cinéma français.
Aujourd’hui: « Une nuit à l’assemblée nationale » de Jean Pierre Mocky (1988)
« Mais c’est mon petit homme tout nu! »

L’espace d’une nuit, le Palais Bourbon est la cible des délires de trois marginaux politiques que tout oppose sinon leur rejet du système.

Le triste spectacle que nous ont récemment offert nos politiques m’a donné envie d’évoquer ce film de Jean Pierre Mocky qui traite des tares de nos élus sous l’angle de la satire.
Sorti peu avant la présidentielle de 1988, « Une nuit à l’assemblée nationale » présente trois clowns représentant selon Mocky « Arlette Laguiller, le Comte de Paris et le candidat écolo » Trois idéalistes un brin ridicules qui révèlent cependant les tares de l’institution qu’ils mettent à mal le temps d’une nuit.
L’intelligence du film est de n’épargner personne tant les représentants du système qui font passer leur intérêt avant celui de ceux qui les ont élu, que les contestataire. A voir le personnage de Jacqueline Maillan lesbienne communiste radicale (« Ce soir tu seras ma chose! ») qui se rêve bourgeoise et l’écolo-nudiste joué par Michel Blanc obsédé par la vérité jusqu’au fanatisme, il est clair qu’on ne leur confierait pas les clés. Le royaliste incarné par Jean Poiret est encore celui qui s’en tire le moins mal mais à l’image de ses camarades susmentionnés, il ne peut pas grand chose contre le système. Mais que peuvent-ils? Semer la pagaille et, malgré eux, le rire.
Jean Pierre Mocky faisait partie des rares réalisateurs français à prendre à bras le corps les questions politiques et sociales françaises. Sous l’angle de l’humour, à la différence du cinéma militant ou du, au demeurant très talentueux, Costa-Gavras. De la religion à la sexualité en passant par l’argent, bien des sujets auront été passées au crible dans sa filmographie. « Une nuit à l’assemblée nationale » ajoute une pierre à cet édifice même si cet opus n’est pas le meilleur de son auteur. L’humour est parfois un peu facile, et la dénonciation ne fait pas toujours mouche. Cependant, en dépit de ces réserves, il y a de nombreux moments de franche drôlerie et une réelle pertinence qui hisse la chose au-dessus de l’état de nanar ou certains avaient voulu l’enfermer.


