Facho mais pop.
Ou ne vont pas se nicher les symboles nazis.
Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que je n’ai pas la moindre sympathie pour le régime nazi. Ma mère et ma grand mère ayant été otages dans une église à la fin de la guerre, il s’en st fallu de peu pour qu’elles périssent brûlées. En ce cas vous n’auriez pas à supporter mes élucubrations. J’en ai assez dit. Entrons dans le vif du sujet.
« Facho! » « Nazi! » etc. Voilà des mots qui circulent souvent dans les discours ambiant. Souvent utilisés par des pékins qui en ignorent le sens. Et surtout que le Fascisme est mort depuis 1945, à terre comme les oriflammes de l’armée morte d’Hitler déposés par Joukov devant Staline.
Mais, l’enseignement de l’Histoire étant désormais ce qu’il est et la crétinisation des populations étant bien avancée, il ne s’agit pas ici de rattraper une catastrophe dont il est permis de se demander si elle est rattrapable. Non. Un fait intéressant concernant le regard porté sur le Nazisme après guerre est sa récupération dans les médias. Pour choquante qu’elle soit, cette dernière était inévitable en raison de la fascination qu’exerce le tragique. Quand ce n’est pas l’horreur. Oui, nous sommes tous mes amis mes frères des voyeurs.
Ou des fétichistes. Car Hitler savait comme le plasticien raté qu’il était le poids des symboles et l’usage qu’on pouvait en faire sur les foules Quitte à en détourner le sens premier, telle la Swastika qui après traitement par le petit moustachu (Bon ne me regardez pas comme ça!) devint à jamais attachée au bruit des bottes et aux heures les plus sombres etc.
Mais une fois les mitrailleuses muettes, le fuhrer mouru (Permettez moi ce participe passé douteux, on peut rigoler, non?) s’insinua dans l’esprit de certains l’idée de fétichiser les artefacts de cette période. Les motards en firent le rappel du passé militaire de nombre d’entre eux qui avaient été pilotes de chasse et collaient un drapeau nazi pur chaque appareil allemand abattu. Puis ils en firen l’insigne de leur rébellion au même titre que les écussons FTW (Fuck the world) ou 1% (Désignant le pourcentage de motards hors la loi)
Avec l’essor de ces bandes motorisées se développèrent un cinéma et une littérature chantant les exploits de celles-ci. Les films de bikers ayant été largement traités, je m’arrêterai dans cet article aux livres consacrés au sujet. Parenthèse fermée.
Les surfeurs quant à eux trouvaient la croix de fer « cool », la portant en sautoir, encouragé par le mécano et commerçant de génie californien Ed « Big daddy » Roth. Quand les jeunes fous de la vague lui demandaient ce que signifiait la date 1939 sur les croix de fer qu’ils leur vendait, il répondait: « C’était une grande année pour le surf »
Plus sérieusement (Enfin plus ou moins, vous le verrez bientôt) les ombres du Nazisme inspirèrent des intérêts autres tantôt historiques, tantôt nostalgiques. » I was Hitler’s doctor », biographie du médecin personnel d’Adolf parue dans les années 50 fut l’un des premiers ouvrages à jouer sur la curiosité plus ou moins saine suscitée par l’intimité des dirigeants nazis. Plus étrangement (Ou pas?) quelques uns se prirent de nostalgie pour le Reich de 1000 ans (qui n’en dura que 12, mais bon..) au point de vouloir le ressusciter. Cette mirobolante lubie saisit un certain George Lincoln Rockwell pourtant ancien officier de l’Aéronavale ayant combattu l’Allemagne. Sans doute touché par la grâce à la manière de Saint Paul sur son chemin de Damas, Rockwell dut entendre un message venu de l’au-delà llluidisant « Deviens le nouveau fuhrer, George, t’auras l’air d’un coureur » Alors avec un entrain digne de Jacques Anquetil attaquant son troisième tour de France, Rockwell créa un parti nazi américain qui ne rencontra guère de succès. Rockwell ne se découragea pas pour autant, parcourant avec ses séides la pays à bord d’un bus Volkswagen (Das auto, forcément!) qu’il surnomma affectueusement « Le bus de la haine » afin d’embêter les hippies qui prisaient ce véhicule. Enfin, il lança le slogan « White power »qui lui survécut. Rockelle mourut en effet prématurément, révolvérisé par un de ses anciens lieutenants, mais ça c’est une autre histoire.
Au tournant des années 60/70, des témoignages d’anciens soldats du Reich fleurirent dans les librairies. Malgré nous tel Guy Sajer avec son récit autobiographique « Le soldat oublié » ( Sajer était connu dans le monde de la bande dessinée sous de pseudonyme de Dimitri) ou volontaire tel Christian de La Mazière (Par ailleurs apparu dans le documentaire sur l’occupation de Marcel Ophuls « Le chagrin et la pitié ») et son « Rêveur casqué » ou Saint Loup/Marc Augier dans son livre… »Les volontaires ». Cela ouvrit la voie à une série de livres plus ou moins documentaires à l’image de ceux de Jean Mabire avec son triptyque dédié aux SS français commencé par « La brigade Frankreich » ou les racoleurs bouquins des éditions du Gerfaut ou ceux de la série des »Soudards » aux titres accrocheurs: « Le viol des amazones », « La sacrifiée du T34 » ou plus elliptique: « Fraulein SS »
La bande dessinée ne fut pas en reste, les italiens créant « Hessa » super espionne nazie, mélange de Modesty Blaise et d’hétaire à casquette tête de mort. Réjouissant fumetto emmenant son personnage aux limites de la science fiction voire carrément de l’épopée fantastique.
Et puis, et puis, une cohorte de romans relevant de la Série B pullulèrent avant que la vogue de ce sous-genre s’épuise, équivalent littéraire de le Nazisploitation… Est-ce que tout cela est sérieux?
































