Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

La casquette de moto, deuxième partie.

Dès qu’il s’ait de musique populaire, il apparaît en France une confusion entre les années 60 et 50. Et c’est bien normal, le Rock’n’Roll n’ayant trouvé de réel écho dans notre pays qu’à l’aube des sixties. Alors que sur ses propres terres, l’Amérique, le Rock était passé de mode, battu en brèche par les ballades des Bobbies et le Surf Rock (Genres que personnellement je ne méprise pas, l’un et l’autre contiennent d’excellentes choses) Ce qui contraignait les héros de l’ère précédente à se produire en Europe, en particulier Gene Vincent, ou à se contenter de circuits de seconde zone comme Jerry Lee Lewis, ou à changer carrément de genre tel Roy Orbison dont la mue en crooner fut l’une des plus réussie de cette époque, s’orienter vers la Country à la manière de Wanda Jackson. Ou se réfugier à Hollywood. Comme Elvis.

Toujours est-il qu’il arriva ce qui arrive souvent lors d’un changement d’époque, ce qui était admiré hier devient ridicule aujourd’hui. Il en alla ainsi de beaucoup de symboles telle notre casquette motocycliste. Elle qui fut rendu iconique par Brando dix ans avant devenait le symbole de la ringardise la plus crasse face à la jeunesse gentille et propre sur elle des film de plage avec pour icônes Frankie Avalon et Annette Funicello, initiée par « Beach party » de William Asher (1963) Ces derniers tournaient en ridicule le chef de la bande des « Rats » Eric Von Zipper (Interprété par Harvey Lembeck), grotesque version du Brando de « L’équipée sauvage » finissant toujours humilié à la façon du « Biff » de la série des « Retour vers le futur »

Cela dit, une bonne action n’étant jamais perdue, les « Beach party » eurent eux aussi droit à leur caricature lors du « Saturday night live » dans les années 70, célèbre émission comique présentant des sketchs en direct à la télévision. Dans le cas présent, l’un des acteurs phare du programme, en l’occurrence John Belushi, reprenait le rôle de Von Zipper entouré notamment de Carrie Fisher. Eh oui, la princesse Leia, également compagne de beuveries et de cocaine de Belushi, qu’elle vit d’ailleurs s’étouffer dans son vomi lors d’une fête fatale.

Toutefois, l’uniforme du motard fit l’objet d’intérêts autres que parodiques. Fétichistes, par exemple, de la part du cinéaste d’avant-garde et homosexuel tendance sadomasochiste Kenneth Anger. Ce qui donna le film « Scorpio rising » Anger, qui ne pouvait qu’éprouver de la fascination pour ces beaux garçons si bien habillés (Un clin d’oeil à Eddy Mitchell en passant) en trouva justement un qui accepta de se prêter à ses expérimentations visuelles. Il s’agissait d’un certain Richard McCauley qui se faisait appeler Bruce Byron en référence à James Dean dont le deuxième prénom était Byron. Ce qui permettrait plus tard aux exégèses de faire un lien avec le célèbre poète anglais.Bruce Byron n’en n’avait sans doute jamais entendu parlé, ses lectures se limitant aux bandes dessinées. Quant au choix de son pseudonyme, il s’expliquait par son admiration pour James Dean, sa deuxième idole après Marlon Brando (Décidément, pas moyen d’y échapper) Byron se laissa filmer lors d’une fête entre mais, lors d’une course de moto et dans diverses poses dans son appartement. A noter que la connotation gay de la chose fut ajoutée par Anger lui-même par sa manière de mettre en valeur son modèle. Ce dernier pour sa part, ainsi que les hommes qui l’entouraient, était marié et n’appartenait pas à la paroisse d’Anger.

Mais outre ces questions d’ordre privé, (Sans compter l’énorme scandale que suscita l’oeuvre lors de sa première à New York en 1963) la réelle valeur de « Scorpio rising » se situe ailleurs. Dans l’influence qu’il exerça sur toute une frange du cinéma. Martin Scorsese, Bob Rafelson, ou plus récemment Nicolas Winding Refhn. Son montage haché, ses gros plans insistants et surtout son usage alors inédit de la musique Rock ont laissé une trace indiscutable.

La garde de la méchante reine de « Desperate living » de John Waters (1977)

Nick Curran, figure du Rockabilly moderne.RIP.

Shia Labeouf dans « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal »


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