Elvis, Gégène, Jerry Lee, les Beatles et la contreculture. Quand les parents rencontrent leur descendance.
3 décembre 1968. Le King revient et…il est très content! Son hibernation à Hollywood prend fin, les Beatles sont au bord de la séparation et le rêve hippie s’étouffe au gré de manifestations de moins en moins pacifiques. Ce soir de décembre, le King s’offre un programme spécial sur la chaîne NBC qui n’eut rien d’une parodie de cirque. Mais, encore une fois, il s’agit pour le King de la fin d’une traversée du désert entamée avec son service militaire – qui correspond grosso modo au moment ou le Rock’n’Roll classique décline sans pour autant mourir, mais c’est un autre sujet- et achevée avec sa carrière d’acteur.
Imitation ou coincidence, de nombreux confrères du Pelvis tentent au même moment un retour semblable, avec plus ou moins de bonheur, ou de succès, et souvent épaulés par les rejetons de l’ère psychédélique. Ainsi Gene Vincent s’arrogera les services du fou à tout faire de la pop américaine, Kim « I’m bad » Fowley. Cette collaboration accouchera du décevant « I’m back and I’m proud » (Ou figure Skip Battin, qui rejoindra bientôt les Byrds, autre groupe phare des années 60) Gene se rattrapera plus tard avec « The day the world turned blue » Jerry Lee Lewis refait surface lui aussi mais dans le domaine de la Country – il reviendra au Rock’n’Roll en 1972 avec le somptueux « Me and Bobby MacGee » ou livre une très belle fusion entre l’ancien et le moderne, transformant sans la défigurer la magnifique chanson de Kris Kristofferson. Carl Perkins quant à lui s’associera au groupe de Country Rock NRBQ, livrant un album pas inoubliable mais sympathique.
Mais quels fut l’opinion de tout ce beau monde sur les chevelus? Au vu du paragraphe précédent, ils furent cordiaux. De Gene Vincent qui eut une rencontre mémorable avec les Beatles lors de leur période Hambourgeoise, à Carl Perkins. Même Elvis ne fut pas si hostile à la contreculture, la citant avec bienveillance lors de l’émission susmentionnée. Il reprendra même les Beatles en dépit de mots peu aimables pour John Lennon à deux reprises « Hey Jude » et surtout « Something » lors du concert d’Honolulu on pourrait en ajouter une « Lady Madonna » qui fut exhuméé pour le coffret « Walk a mile in my shoes » en 1998.
Concernant les reprises, de fameuses lames de la guitare des fifties s’attaquèrent au répertoire des Beatles. Billy Lee Riley qui lui consacra un album entier et même Mister Rumble en personne, Link Wray reprit chez Swan « Please please me » qui demeura longtemps inédit avant de voir le jour beaucoup plus tard à la grâce des compilateurs.










A bientôt!
